Créer une communauté de navigateurs impliqués dans la réduction et la revalorisation des déchets flottants: c’est le pari que s’est lancée en 2016 Alexia Idrac, fondatrice du projet Robins des mers. La première expérimentation des dispositifs d’action est fixée à juin, sur le Canal du Midi, de Toulouse à Gruissan.

80%, c’est le taux de déchets en mer provenant des terres. Après avoir été confrontée à la pollution maritime lors de ses premiers cours de voile, Alexia Idrac a imaginé co-construire des solutions avec les navigateurs.

« Au cours de mes navigations, j’ai été directement confrontée à la problématique des déchets en mer mais je n’avais pas de moyen pour agir. Mon projet est parti de là », explique la jeune femme.

C’est grâce au parcours entrepreneur Ticket for Change (association qui aide les jeunes entrepreneurs à concrétiser leurs projets) que l’ingénieure diagnostic environnemental sur la dépollution des sols a réussi à hisser son projet et lancer sa start-up, incubée à Toulouse.

Ce sont aujourd’hui 250 Robins des Mers qu’elle est parvenue à mobiliser autour d’un objectif commun : minimiser et revaloriser les déchets en mer. Côté action, elle met en œuvre deux types de dispositifs : l’un permettant aux navigateurs de collecter les déchets flottants, l’autre consacré à leur compactage et à leur stockage. La startuppeuse de 32 ans a aussi créé une plateforme collaborative mettant en lien les plaisanciers avec les acteurs de l’économie circulaire pour réduire les déchets à la source. Quant à la revalorisation, ce sont des bennes de récupération des détritus triés (principalement du plastique) qui assurent leur transfert aux entreprises qui les utilisent.

Côté sensibilisation, Alexia prévoit d’organiser des évènements destinés au grand public. En mai prochain, elle participera, avec les Voies navigables de France, à la semaine du développement durable organisée à Toulouse.

« On est tous concernés par ces problématiques-là puisque les déchets ont un impact direct sur la vie aquatique mais aussi sur notre alimentation. L’idée est de construire un mouvement citoyen ludique où tout le monde puisse participer à son échelle », précise Alexia.

 

 

Encore à l’état de prototype, les dispositifs seront testés dès juin sur le Canal du Midi, dans la Haute-Garonne et l’Aude. Elle participe au concours de la FabriqueAviva pour financer l’élaboration du prototype.

Quelques participants à la Longue Route 2018 (16-17 juin) et à la Route du Rhum souhaitent embarquer les dispositifs à bord. Ils seront les premiers à expérimenter les appareils ! Si le vent est avec elle, une extension du projet sur la côte méditerranéenne, inondée par le plastique, est envisagée.