Toulouse champion de France la saison dernière ? Ce n’est ni de foot, ni de rugby, de basket ou de handball dont il est ici question, mais un peu de ces quatre disciplines à la fois. Tout droit venu d’Irlande, le football gaélique se joue au pied et à la main, avec des buts et des poteaux en H. Les Tolosa Gaels, champions de France en titre, en expliquent les règles et les coutumes.

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Un samedi midi sur la pelouse des Argoulets. Comme chaque semaine, les membres du Tolosa Despòrt Gaelic sont en entraînement pendant un peu plus de deux heures. Pour les profanes, le spectacle est assez inhabituel : ça court avec le ballon rond dans les mains, ça tire du pied, ça dribble, ça saute…

Comme souvent, il faut marquer des buts. « Dans les cages, c’est trois points, et entre les poteaux façon rugby c’est un point. On peut tirer dans les filets du pied ou à la main » explique Thomas, un des trois coachs des Tolosa Gaels. Le football gaélique se joue sur un terrain classique, avec des buts rehaussés de barres de métal pour former le H. « On court avec le ballon à la main, mais en dribblant ou en tirant du pied tous les 4 pas » complète Rémi, qui s’est lancé en septembre. Pas de plaquages ou de tacles, on récupère la main en jouant des coudes. « Il faut aussi penser à ramasser le ballon au sol en le soulevant avec le pied, ajoute-il, c’est assez inhabituel mais on s’y fait ! »

Un sport réservé aux amateurs

En Irlande, les équipes sont composées de quinze joueurs, alors qu’en France on joue à onze contre onze. « Deux full back, deux half back, deux mid fielder, deux half forward, deux full forward et un gardien » énumère Thomas. En dehors de cette particularité, les règles sont les mêmes, établies en 1887 par le GAA (Association athlétique gaélique).

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Dans la nation celtique, le foot gaélique est une institution depuis le 18e siècle. « C’est le sport le plus populaire en Irlande », souligne James, lui-même originaire du Connemara et joueur à Toulouse depuis qu’un Néo-Zélandais l’a convaincu de rejoindre les Tolosa Gaels. « Là-bas, il y a un club de foot gaélique dans chaque village. Le rugby est plus un sport d’écoles, alors que dans le foot gaélique, tu joues contre d’autres villages ou comtés. » S’il admet ne pas suivre assidûment la compétition, il regarde chaque année la finale, en septembre. « La meilleure équipe, c’est celle de Dublin, estime-t-il, mais il n’y a pas vraiment de modèles ou de joueurs emblématiques. » « C’est un sport d’amateurs, renchérit Thomas, ils jouent dans des stades de 80 000 personnes et le lendemain, ils retournent bosser ! »

Trouver sa place entre le foot et le rugby

Le Tolosa Despòrt Gaelic a été créé en 2010, par des Irlandais et quelques Français. Il compte aujourd’hui près de 45 licenciés, hommes et femmes, pour beaucoup anglophones. « A peu près 80 % de l’entraînement se fait en anglais » sourit le coach.

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L’entraîneur reconnaît les difficultés du club à se faire une place sur une terre imprégnée par la culture du ballon ovale. « On se retrouve plus dans l’état d’esprit du rugby que du foot », admet-il pourtant, sans nier les affinités du foot gaélique avec d’autres sports comme le handball ou le basket.

Pour se faire connaître, les Tolosa Gaels organisent régulièrement des initiations à destination des adolescents. « On commence aussi à avoir de bons contacts avec le Stade Toulousain, révèle Thomas. Quelques joueurs du club sont allés ramasser des balles pendant des matches et ont participé à un entraînement au Stade. D’ailleurs Fabien Pelous (le manager du Stade Toulousain, ndlr) est venu nous voir lors de notre dernier match amical contre Bordeaux. »

En Irlande, « tous les jeunes en jouent depuis des années », souligne James. « Ça fait vraiment partie de la culture. » Plus proche des îles Anglo-Celtes, la Bretagne constitue quant à elle un terreau fertile pour le foot irlandais. Il existe même un championnat spécifique à la région. Les autres clubs de France (24 en tout) s’affrontent dans le championnat fédéral. « Ensuite, les 3 premiers des deux championnats se rencontrent, poursuit Thomas. C’est cette compétition qu’on a gagné l’année dernière. » Une performance que les Tolosa Gaels espèrent réitérer cette année, avec l’équipe masculine ou féminine. Un doublé qui serait inédit puisque pour la première fois, depuis la création du championnat en 2012, le Tolosa Despòrt Gaelic aligne une équipe complète de joueuses.

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