Simulation d’une photo du Grand et Petit Palais par un satellite Neo Next. © Airbus.

La filiale spatiale d’Airbus a annoncé hier le lancement des satellites Pléiade Neo Next. Dédiés à l’observation ultra-précise de la Terre, ils sont prévus pour 2028. Zoom sur un nouvel outil à la conquête de la souveraineté spatiale européenne.


La meilleure résolution d’images de la terre, la géolocalisation la plus précise : voici les promesses de la nouvelle génération de satellites du programme Pléiades d’AirbusDefense and Space (ADS). Eric Even, dirigeant du numérique spatial chez ADS explique que le programme Neo Next « se construit sur le succès existant de la constellation Pléiades Neo.» Lancée en 2020, la flotte Pléiades se compose de 4 satellites « Neo » déjà capables de fournir des images précises à 30 cm, contre 20 cm promis par le programme « Neo Next». Le programme table aussi sur des images nettes même la nuit ou par mauvais temps.

Si la génération précédente pouvait géolocaliser à 5m près, Airbus n’a pas encore révélé concrètement à quoi correspondait « la géolocalisation la plus précise disponible sur le marché.» Programmés depuis Toulouse, ils permettront aux clients d’obtenir une plus large quantité de captures mais aussi de formuler des requêtes d’images une dizaine de minutes seulement avant le survol de la zone d’intérêt par le satellite. Autre élément crucial : l’ajout de la flotte Néo Next à celle déjà existante promet de fournir plusieurs images du même endroit au fil de la journée.  

Suivre en direct l’évolution d’incendies, détection de panneaux photovoltaïques, différenciation de bâtiments habités de ceux vacants…voici quelques exemples d’utilisation de cette technologie de pointe. Eric Even évoque aussi l’utilisation de la flotte à des fins de « géo-renseignement », laissant entendre une poursuite de la collaboration entre l’armée, l’IGN et ADS. La flotte permettra de mieux localiser des navires en mer ou de surveiller des bases militaires : un véritable enjeu dans le réarmement européen. 

Un projet dans la lignée de la stratégie européenne 

Le contexte international tendu avec les Etats-Unis n’a de cesse de rappeler aux dirigeants européens la nécessité d’investir pour la souveraineté dans le secteur de la défense et du spatial. Lancement depuis Kourou, fusée Vega C de l’italien Avio, collaboration avec le CNES : le projet Pléiades Neo Next est une démonstration de la force de frappe européenne. Si Airbus ne mentionne pas le lieu de production des satellites, il est fort probable que, comme ses prédécesseurs, ils soient en grande partie conçus et fabriqués à Toulouse.

Un projet européen qui résonne avec le projet Bromo, cette super-fusion entre Airbus Thalès et l’italien Leonardo, pilotée depuis Toulouse. Bien qu’il soit critiqué par la possible suppression d’emplois lié à sa création, ce géant du spatial entend concurrencer l’américain Starlink et lancer 300 satellites à l’horizon 2027.