La délégation française lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver en 2010, à Vancouver. Crédit : Matt May
Après deux éditions en Asie, à Pyeongchang (2018) et Pékin (2022), les Jeux olympiques d’hiver sont de retour en Europe, en Italie, à Milan-Cortina (6-22 février). Pourtant, à Toulouse, l’événement ne semble pas attirer les foules.
« Ça me rappelle Edgar Grospiron en 1992, à Albertville. » À l’évocation des Jeux olympiques d’hiver, Philippe, 55 ans, revient 34 ans en arrière. Assis sur un banc du square Charles de Gaulle, à Toulouse, l’éducateur sportif se remémore le champion de ski de bosses français, médaillé d’or devant son public.
Pourtant, alors que la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques (JO) 2026 a lieu ce vendredi 6 février simultanément à Milan, Cortina d’Ampezzo, Livigno et Predazzo, Philippe avoue « ne pas savoir où, ni quand » se tient l’événement. Des propos partagés par de nombreux Toulousains, qui ne semblent pas avoir noté la quinzaine sportive sur leur calendrier.
Dans l’ombre des Jeux d’été
« Je ne suis pas très branchée sports d’hiver », confie Valérie en descendant la rue d’Alsace-Lorraine d’un pas pressé. Cette Toulousaine, qui travaille dans l’administration, affirme être « au courant que les Jeux commencent bientôt », mais avoue regarder « surtout les Jeux olympiques d’été. »
Créés en 1924, les JO d’hiver ont toujours été dans l’ombre de leur cousin estival. Ils regroupent moins de participants, les sports d’hiver étant majoritairement onéreux et, de fait, moins accessibles. En 2024, ce sont pas moins de 10 500 athlètes et 206 nations qui se sont rendus à Paris pour les JO d’été, contre 2 900 sportifs et 92 pays à Milan-Cortina.
« J’ai tendance à moins regarder lorsque ce n’est pas en France », Rémi, 46 ans
Une discrétion accentuée par le contraste médiatique avec les Jeux de Paris, toujours présents dans l’imaginaire collectif. « J’en ai vaguement entendu parler, mais bien moins qu’il y a deux ans », constate Valérie. « Les gens s’intéresseront peut-être à la cérémonie d’ouverture après celle de Paris 2024 », avance de son côté Rémi, 46 ans. « Pour ma part, j’ai tendance à moins regarder lorsque ce n’est pas en France », explique-t-il.
Des passionnés tout de même au rendez-vous
Malgré tout, certains sont bien décidés à suivre au maximum les seize sports et 116 épreuves au programme. Alors que la nuit tombe sur la Ville Rose, Raphaëlle confie attendre « le skicross et le snowboardcross avec impatience. » Des épreuves dans lesquelles les Français pourraient briller et participer à la moisson de médailles attendue.
Selon le site Olympic forecast medal, qui prédit le nombre de médailles pour chaque nation, la France peut espérer un total de 21 podiums, dont huit titres. Un nombre qui ferait de ces JO hivernaux les plus fructueux pour la délégation tricolore, dont le record est de quinze médailles à Pyeongchang (2018) et Sotchi (2014). Malgré son travail, Raphaëlle « espère avoir le temps de regarder » cet éventuel record historique. « Sinon, je suivrai les résultats sur Internet », lance-t-elle dans un sourire.
De son côté, Vincenzo est encore plus enthousiaste. Arrivé à Toulouse pour son travail il y a 4 ans, cet Italien suit de près ce qu’il se passe à Milan-Cortina. Emballé, il a déjà coché plusieurs épreuves. « J’ai hâte de voir le ski alpin et le snowboard », explique-t-il. « Mais chaque sport m’intéresse », poursuit le transalpin, avant d’ajouter en rigolant : « Surtout quand il y a des Italiens ! »
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