
Salle du conseil municipal, 04/01/2026. Crédit : Médi Pujo
À Toulouse, comme dans l’ensemble du pays, les élections municipales sont prévues les 15 et 22 mars prochains. Si la campagne officielle n’a pas encore débuté, un enjeu se dessine déjà pour les candidats : le vote des étudiants.
Avec plus de 120 000 étudiants, le vote des jeunes constitue un enjeu majeur pour les candidats aux élections municipales à Toulouse. Pourtant, lors du second tour du scrutin de 2020, l’abstention atteignait 72% chez les 18-24 ans au niveau national. Dans ce contexte, la prise en compte du vote étudiant pour la course à la mairie s’impose comme une question centrale.
« Certains candidats s’adressent aux jeunes, mais ce n’est pas le cas de tous », nuance Léna, étudiante à Sciences Po Toulouse. Elle pointe surtout un manque de communication : « S’ils étaient davantage sollicités, les jeunes seraient sans doute beaucoup plus nombreux à aller voter ».
L’intérêt étudiant en question
Un constat partagé par Lou-Anne, étudiante en master AES (Administration Économique et Sociale) à l’Université Toulouse Capitole : « Les candidats qui se présentent pour la première fois me semblent plus attentifs aux étudiants, notamment pour séduire un électorat qui commence à voter ». Elle tempère néanmoins cet engagement affiché : « La question étudiante est de plus en plus présente dans les programmes, mais parfois seulement sur le papier, sans que cela ne se traduise par des actions concrètes ».
De son côté, Marie, étudiante à TBS Education, admet ne pas encore être fixée sur son vote au premier tour. « Je ne me suis pas encore penchée sur les listes et sur ce qu’elles proposent. Je trouve que nous sommes informés plus tard que pour d’autres élections telles que les élections présidentielles ». Elle s’engage aussi dans ce scrutin en tant qu’assesseure. « Je sais que c’est parfois difficile à trouver avec l’abstention électorale qui augmente. Je trouve important que les jeunes montrent qu’ils sont investis, on peut apprendre plein de choses, c’est un acte citoyen », explique-t-elle.
Lou-Anne se dit également attentive à ce scrutin. « S’intéresser aux élections municipales, c’est se sentir concernée par la vie de sa commune, prendre part aux décisions locales mais aussi exprimer son avis sur des enjeux concrets comme les transports en commun, l’animation de la ville ou encore les infrastructures dédiées aux loisirs ».
Un choix encore partagé
Si toutes affirment s’intéresser aux prochaines élections municipales, elles ne sont pour autant pas toutes inscrites sur les listes électorales toulousaines. C’est le cas de Lou-Anne qui ne vote pas à Toulouse mais à Poitiers. L’étudiante a fait le choix de rester inscrite dans sa ville d’origine. « C’est ma ville natale, j’y ai passé la majorité de ma vie. Je pense donc avoir un avis plus objectif sur une ville comme Poitiers dans laquelle j’ai vécu plus longtemps, dont j’ai vu les évolutions et dont je connais plus ou moins les enjeux, y ayant été étudiante trois ans en plus de mon enfance ».
En revanche, Léna a entrepris les démarches nécessaires. Pour elle, voter dans la Ville Rose s’impose comme une évidence : « Comme j’y habite, je suis intéressée par ce que les candidats proposent, ce que cela pourrait changer, car c’est une ville dans laquelle j’envisage de vivre à la suite de mes études. »
C’est aussi le cas de Marie qui affirme « aimer la démarche du vote ». L’étudiante de TBS avoue trouver un intérêt plus fort à ces élections à Toulouse que dans sa commune d’origine. « Ici, il y aura deux tours, les enjeux sont plus importants que dans mon village où il n’y a qu’une seule liste ».
Un enjeu électoral et politique majeur
Estelle Joannin, étudiante et candidate NPA-L’Anticapitaliste sur la liste Demain Toulouse menée par François Piquemal, souligne l’importance stratégique du vote étudiant pour les prochaines élections municipales. « La majorité des étudiants ne vote pas dans les villes où ils étudient, alors même qu’ils y vivent », observe-t-elle. Selon elle, ce décalage représente une perte importante pour les partis : « Beaucoup votent encore au domicile de leurs parents. L’électorat étudiant est pourtant un enjeu majeur ». Un enjeu à la fois électoral et politique. « Les élections locales ont des conséquences directes sur la vie étudiante, qu’il s’agisse des loyers, des transports ou de l’accès à la santé, des compétences qui relèvent des municipalités », rappelle-t-elle.
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