Erwan a participé à l’étude BRACE (Bed Rest with Artificial gravity and Cycling Exercise) du MEDES en 2023, durant laquelle il est resté alité 60 jours. Crédit : Erwan Coussinoux 

Début février, le MEDES à Toulouse (Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales) a ouvert les candidatures pour sa nouvelle expérience scientifique. Les profils des candidats et leur motivation sont très divers. 

Trois semaines après l’ouverture des candidatures pour la nouvelle expérience du MEDES (Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales), Amandine Fabre, cheffe du projet, avait déjà reçu 6 000 mails de candidature. L’institut scientifique toulousain recherche dix hommes volontaires pour étudier les effets du jeûne en situation d’impesanteur.  Pour cela, ils devront passer dix jours alités, tête en bas inclinée à 6°, et suivre un régime alimentaire très restrictif. A la clé de cette expérience qui durera vingt jours au total, les dix hommes seront indemnisés de 5 000 euros. 

Les 6 000 candidatures reçues reflètent des profils très différents selon Amandine Fabre : on y retrouve des étudiants et des personnes en recherche d’emploi mais aussi des experts comptables, informaticiens ou professeurs. Erwan, ancien candidat, a participé à une expérience de 2023. Il a été alité pendant deux mois pour une indemnisation de 18 000 euros. Il se rappelle avoir partagé trois mois d’expérience avec des ingénieurs, des militaires et étudiants. Quant à lui​​, il était alors en année de césure pendant ses études et voyait cette expérience comme un nouveau « challenge » à relever.  

Les volontaires doivent être en « parfaite santé » indique le site du MEDES, Crédit : Erwan Coussinoux 

Plusieurs motivations 

A la lecture des mails, la cheffe de projet identifie trois grandes sources de motivation. D’abord, la récompense financière, bien sûr, peut intéresser des personnes qui « ont des projets de reconversion, de vacances, ou de projets comme l’ascension du Kilimandjaro ».​​ Des sportifs de haut niveau qui veulent mieux comprendre leurs corps ou des passionnés du monde spatial font aussi partie des candidatures. « On a même eu des volontaires qui candidataient pour mieux comprendre ce qu’avaient pu vivre des personnes de leur entourage qui avaient dû être alitées à cause d’une maladie » ajoute la scientifique.  

Dans la sélection des dossiers, l’équipe dirigée par Amandine Fabre privilégie les candidatures nourries par plusieurs sources de motivation différentes, surtout pour les expériences de longue durée. Dans ces cas, une sélection psychologique est aussi organisée pour vérifier que « les personnes ne se mettent pas en danger d’un point de vue psychologique », puisqu’elles devront subir un confinement total, sans visite de l’extérieur possible. Pour​​ Erwan, ​​« que la motivation soit basée sur le challenge, la réussite, le dépassement ou même financière, il faut cette motivation pour se lancer dans un défi et c’est elle qui permet d’aller au bout ».  

Les candidatures restent ouvertes « jusqu’à fin février ». Les volontaires passent ensuite par une série de sélection pour vérifier leur niveau de santé. Ceux qui seront finalement retenus seront avertis « un mois avant le début de l’expérience », qui commence en juin prochain indique Amandine Fabre.