Nicolas Rébier, agent des bibliothèques et représentant du syndicat CGT au micro. Photo : Lola Sautier.
En grève ce mardi 17 février, les agents des bibliothèques de Toulouse dénoncent la baisse des budgets 2024-2025 et déplorent le manque de personnel. Ils alertent sur la possible fermeture définitive de sept établissements.
« Le constat est clair, les bibliothèques ne vont pas bien », affirme Nicolas Rébier, Agent des bibliothèques et représentant du syndicat CGT de la Mairie de Toulouse. Ce mardi 17 février à 10h30, de nombreux agents des bibliothèques se sont rassemblés, pour faire grève devant la Maison de la Citoyenneté aux Minimes.
La raison de ce rassemblement ? Les conclusions d’un audit interne lié au dysfonctionnement des bibliothèques et à la restructuration Proxima rendu le matin même. « On est là parce qu’il semblerait que cet audit acte, de la part du politique, la rupture entre la direction centrale et les bibliothèques de quartiers. Autrement dit, c’est la fin du réseau des bibliothèques à Toulouse », annonce le représentant.

Rassemblement des agents des bibliothèques. Photo : Lola Sautier.
Pour rappel, le plan Proxima, mis en place par le maire Jean-Luc Moudenc le 1er janvier 2024, visait à réformer et réorganiser les services publics afin d’améliorer la proximité avec les usagers.
Mais selon, Nicolas Rébier, c’est aussi la politique « d’austérité budgétaire mise en place l’année dernière par la mairie de Toulouse » qui est à l’origine de ces dysfonctionnements. Aujourd’hui, les agents mettent en cause les coupes budgétaires du service public et le gel des recrutements.
UNE PERTE DE 105 HEURES D’OUVERTURE PAR SEMAINE
Ces plans d’action auraient en effet causé « une perte de 105 heures d’ouverture des bibliothèques par semaine, ainsi qu’une fermeture les samedi et la moitié des vacances scolaires », selon le représentant des agents.
Entre 2024 et 2025, les budgets de fonctionnement ont chuté considérablement. La direction centrale – la bibliothèque d’Etude et du patrimoine et la médiathèque José Cabanis – a dû rendre 1 million d’euros de budget à la Mairie de Toulouse. L’enveloppe dédiée à l’action culturelle dans les bibliothèques a vu son montant diminuer de 60%, et celle pour le recrutement des contractuels de 65%. « Fin 2024, plus d’une quinzaine de contractuels ont pris la porte », conclut Nicolas Rébier.

Les agents des bibliothèques réclament la titularisation de tous les contractuels pour pallier le manque de personnel. Photo : Lola Sautier.
Une baisse de budget étendue à l’ensemble des services publiques
Les agents soulignent également que cette grève s’inscrit dans un contexte plus global : « Ce qui nous arrive aujourd’hui, à nous les bibliothèques, cela rentre dans un plan qui touche l’ensemble des services publiques. Le budget 2026 comme celui de 2025 a été très clair : on détruit les services publics et en parallèle, on fait monter considérablement les budgets de l’armée et de la sécurité. C’est la propagande militariste de Macron », défend un autre représentant du syndicat CGT.
« Alors qu’ils saignent l’éducation, la santé et la culture, ils inondent le patronat de l’armement », renchérit Alberta, étudiante et membre de l’association Révolution Permanente. Cette comparaison budgétaire est dénoncée tant au niveau national qu’au niveau local : « Pendant que Jean-Luc Moudenc défend son bilan, c’est-à-dire plus de caméras et de sécurité, l’ensemble des agents municipaux n’ont pas voix au chapitre », affirme-t-elle.
Déjà mobilisés l’année dernière, les agents des bibliothèques comptent sur cette grève afin de faire entendre leur voix : « Notre mobilisation avait permis de freiner un peu les attaques de la mairie », rappelle Nicolas Rébier. Ils avaient notamment obtenu la réouverture de la bibliothèque de Bagatelle en dégelant des postes et en appelant à un rassemblement.
À la veille des élections municipales, les représentants de la liste de François Piquemal (LFI) et de celle de François Briançon (PS) étaient présents. L’occasion pour eux d’apporter leur soutien à la lutte des agents et de promouvoir leurs programmes respectifs quant à la réforme des services publics.