1 600 personnes se sont réunies à la salle Mermoz, jeudi 22 janvier, pour assister au grand meeting municipal autour de François Piquemal. Crédit : Ael Dubois–Collin
Jeudi 22 janvier, le meeting municipal de la liste Demain Toulouse menée par François Piquemal a affiché plus-que-complet sur l’Île du Ramier. Si certain.e.s s’y sont rendu.e.s grâce à la présence de Jean-Luc Mélenchon, pour d’autres, les enjeux municipaux et la figure du candidat insoumis étaient bien suffisants.
« On vient pour François Piquemal ! Mélenchon, c’est du bonus », lance Agathe, la vingtaine, en posant un pied dans la salle Jean Mermoz décorée de violet en cette soirée du 22 janvier 2026. Dès 18h45, à l’occasion du meeting municipal de la liste Demain Toulouse, près de 1 600 personnes convergent vers l’Île du Ramier pour écouter tour à tour les prises de parole d’Anissa Benyoub, championne de France de boxe toulousaine, de François Piquemal, candidat de la liste insoumise, puis de Jean-Luc Mélenchon, tête d’affiche de la soirée. Ada Colau, ancienne maire de Barcelone était aussi annoncée mais n’a pas pu être présente.
Si l’ancien enseignant de lettres-histoire-géographie a qualifié le rendez-vous de « meeting de Jean-Luc Mélenchon » sur les réseaux sociaux, dans la salle, nombreux.ses sont ce.ll.eux qui assurent ne pas être venu.e.s pour le tribun à cravate rouge. Le nom de François Piquemal circule tout autant, souvent en premier. « Même si Jean-Luc Mélenchon n’avait pas été annoncé, on serait venus pour Piquemal », explique fièrement un groupe d’adolescents vêtus de noir, cherchant une rangée de chaises disponible. A quelques sièges de là, Dominique, 76 ans, renchérit : « Je viens à tous les rendez-vous de la campagne [de François Piquemal] donc ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui m’a fait venir. Même si c’est toujours un plaisir de l’écouter ! », précise-t-elle avec le sourire. La présence du chef de file insoumis est alors davantage perçue comme « un atout pour ramener du monde et médiatiser l’évènement », selon Mathéo et Jules, étudiants. Et de fait : annoncé comme « le plus grand de la campagne municipale toulousaine » par François Piquemal sur Instagram, le meeting a affiché complet et de nombreux.ses sympathisant.e.s ont dû y assister debout.

Malgré la présence de la figure nationale de La France Insoumise, beaucoup tiennent à ce que la soirée reste avant tout centrée sur les problématiques locales et le projet porté par François Piquemal pour Toulouse. Aux portes de la salle, Anne-Sophie et Sylvain, quadragénaires sympathisant.e.s du mouvement insoumis « depuis que ça existe », le confient à voix basse : « Nous sommes venu.e.s pour en savoir plus sur le programme à Toulouse donc on espère un meeting municipal avant tout ».
À chacun son domaine
Quand la musique se lance, la salle se lève, se rassit, se relève et les discours se succèdent. François Piquemal aborde avant tout les grands points de son programme, du plafonnement des loyers à la construction du RER en passant par l’érection d’un troisième hôpital, sous des applaudissements réguliers. Puis, pendant plus d’une heure, Jean-Luc Mélenchon s’est chargé du national et de l’international. Chacun son domaine. Choix assumé pour l’ancien candidat à la présidentielle : « Vous n’êtes pas venus pour que je vous explique mieux que Piquemal ce qu’il faut faire à Toulouse ! », a-t-il osé. Se sachant probablement en terrain conquis – il avait réuni 36,95% des voix toulousaines aux élections présidentielles en 2022 – il n’a pas hésité à lancer quelques pics au maire actuel Jean-Luc Moudenc (ex-LR) et au Parti Socialiste mené par François Briançon, sous les rires des sympathisant.e.s.
À la sortie, le public aide à ranger les chaises en entonnant l’air de « Motivé » du groupe de musique engagé Zebda. Les sourires éclairent la nuit froide : « Écouter Jean-Luc Mélenchon, c’est comme assister à une pièce de théâtre ! », s’exclame Bryan en allumant sa cigarette. D’autres, plus sceptiques quant à la venue de Jean-Luc Mélenchon dans un contexte local, sortent convaincu.e.s : « Sa présence était logique, explique Sandra, 55 ans, venue en famille, de l’échelle locale à nationale, les idées sont les mêmes. »
Suivez-nous sur Youtube