Pierre Pezzin se présente comme « l’alternative citoyenne ». Crédit : Dimitri Gaumet

Ancien militaire, banquier d’affaires et tout juste retraité à 62 ans, Pierre Pezzin se présente comme indépendant aux élections municipales 2026. Déjà candidat aux législatives de 2012, il entend bien porter sa liste “Pour un langage citoyen” (PLC) au Capitole. 

Pourquoi se présenter en tant qu’indépendant ? 

La principale raison, c’est pour apporter du mieux au peuple qui occupe Toulouse. J’ai vraiment le désir et la motivation pour accéder aux requêtes que j’entends de la part de tous les acteurs de la ville, qu’ils soient retraités, étudiants, ou entrepreneurs. Il y a tellement de défis à relever sans créer de ruptures sociales ou économiques. Il faut que l’on puisse avoir une autre vision globale de cette ville et de cette métropole. Je me présente pour proposer une alternative aux citoyens. Il y a des stratégies politiciennes où vous vous faites plumer par des gens qui savent le faire. Par exemple, c’est le cas du maire qui dit hier soir : « nous avons créé un îlot de fraîcheur » alors qu’il y a du béton partout et pas d’arbres. Je sors donc de ces stratégies volontairement mais aussi parce que je n’adhère à aucun grand parti. 

Vous vous présentez en dehors des grands partis, les sondages donnent vos adversaires gagnants et les indépendants ont rarement réussi aux municipales des grandes villes. Comment évaluez-vous vos chances de victoire ?

Je suis pragmatique, je sais qu’il faut faire 10% pour passer au second tour donc l’objectif, c’est de faire 10,01%. Au second tour, les gens auront le choix entre Macron avec Jean-Luc Moudenc, Olivier Faure avec François Briançon, Jean-Luc Mélenchon avec François Piquemal et puis moi. Les gens verront que je suis différent des trois autres. Si je suis au second tour, les gens se diront : « Tiens c’est pas idiot. Les politiques on n’arrête pas d’en parler à la TV, on en a marre. Lui il a travaillé toute sa vie, il sait mener la barque, on va peut-être lui faire confiance ». 

Où vous situez-vous sur l’échiquier politique ? 

Je me présente comme social-démocrate, libéral, gaulliste. Je me considère plutôt centre-droit sur l’économie et à gauche sur le social.

Vous vous définissez comme l’alternative citoyenne, qu’est ce que ça signifie ?

Pour moi, on ne peut bâtir que lorsqu’on a des fondations solides. Je trouve qu’il y a beaucoup trop de laissés pour compte actuellement à Toulouse. On est la deuxième ville de France en termes de sans domicile fixe , on est la 2ème ville de France en termes d’étudiants mais il y en a un tiers qui se demandent comment ils vont se loger ou se nourrir. On ne peut pas faire évoluer une ville en ayant autant de casseroles derrière.

Vos mesures concrètes pour les “laissés pour compte” ? 

Quelqu’un qui n’a pas à manger, on lui donne à manger, ça peut être valeur zéro le repas, mais on ne le laisse pas sans manger. Quelqu’un qui n’a pas de toit, on lui trouve un toit, parce qu’on n’a pas le droit de laisser quelqu’un mourir dehors. Pour les mesures d’urgence, on a de très beaux gymnases chauffés mais on peut aussi bâtir pour eux des modules de 15 mètres carrés avec des matériaux composites de récupération. Comme ça, on peut proposer des logements autour de 250 euros à des étudiants, des sdf, des retraités qui touchent le minimum vieillesse. C’est un modèle d’économie sociale et solidaire. Par exemple, si on met ce logement dans le jardin d’une personne âgée, on peut établir un contrat de collaboration : le locataire peut l’aider, lui amener ses courses ou lui porter secours si besoin. Je propose aussi la gratuité des transports pour les séniors et les jeunes de moins de 25 ans. 

Votre projet de renommer Toulouse en Tolosa revient souvent dans votre programme, est-ce une vraie mesure ou un coup de “com” ? 

Les gens ont rigolé sur le nom car il n’ont pas compris mais Tolosa c’est avant tout une force. C’est aussi un agrandissement de la ville qui absorbe toutes les 37 communes de Toulouse métropole, l’ensemble serait Tolosa. Je me catalogue comme un économiste. Je veux démontrer qu’à Toulouse et Tolosa nous pouvons être mieux lotis pour servir les étudiants et ne pas les laisser dans la panade. Nous voulons redonner vie aux anciennes régions autour des métropoles pour créer plus de richesse au profit des citoyens.

Vous prônez un « capitalisme qui profite à tous ». Ça parait un peu paradoxal non ? 

Je connais bien les rouages et les rouages peuvent être partagés. C’est ce que voulait De Gaulle, il voulait que les sociétés appartiennent aussi aux employés. Il avait inventé le plan épargne entreprise qui permet d’acheter des actions de sa société pour les revendre quand on se marie, quand on construit une maison ou qu’on prend sa retraite. Il y a donc déjà des outils qui sont utilisables. 

Vous revendiquez une forte identité occitane, qu’est-ce qui vous rattache à Toulouse ?

Moi je suis né à Marmande, la ville s’appelait Marmanda comme Toulouse s’appelait Tolosa. Je faisais pleinement partie de l’Occitanie, c’est une identité forte. Ne pas oublier son passé et au contraire y faire référence c’est une valeur. Tous les mouvements occitans me rejoignent, les laissés pour compte de Renaissance, des quartiers, de LFI ou des Républicains aussi et ça c’est très positif. Ça crée un futur conseil municipal très diversifié et réel se rejoignant plus de la citoyenneté toulousaine que d’un mouvement téléguidé par le pouvoir central. 

À la fin de votre potentiel mandat en 2032, à quoi ressemblerait Toulouse ? 

Toulouse fera pratiquement 1 400 000 habitants avec les communes de la métropole. Les chefs-lieux de département seront en forte croissance parce que je verrai comment relier rapidement Tolosa avec les satellites départementaux. Je veux proposer plus de ruralité aux ouvriers parce qu’ils ont envie d’autres choses quand ils quittent les ateliers. Ils auront un environnement autour d’eux plus agréable avec des forêts à 5 minutes. Je veux une coulée verte qui arrive à Coulommiers pour qu’on puisse arriver là-bas à vélo ou en trottinette sans passer par une rocade complètement bouchée. Je privilégie la rénovation des appartements dans les quartiers comme à Empalot ou Saouzelong. Ils rasent les barres d’immeubles alors que les habitants sont bien dedans. Le but c’est de voir avec plus d’intelligence plutôt que de voir avec un bulldozer. 

Propos recueillis par Dimitri Gaumet avec l’aide d’Hugo Jannière

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