L’Université Toulouse Capitole va probablement devenir un Grand Etablissement l’année prochaine. Crédits : Wikimedia Commons – Didier Descouens

Actuellement sous le statut d’Établissement Public Expérimental, l’Université Toulouse Capitole a pour but de devenir un Grand Établissement (GE), d’ici 2027. Ce statut a pour but de renforcer la compétitivité internationale des universités françaises, mais les syndicats étudiants pointent du doigt les risques d’augmentation des droits de scolarité, et une perte d’autonomie des établissements en matière de budget et de décision sur le contenu des cours.

Depuis le 1er janvier 2023, l’Université Toulouse Capitole, également connue sous le sigle UT1, est un EPE (Établissement Public Expérimental). Selon un décret signé par l’ancienne Première Ministre Elisabeth Borne le 8 décembre 2022, ce statut de l’université du centre-ville ne serait que temporaire. L’article 1er de ce décret l’atteste clairement: « A la sortie du régime d’expérimentation, l’Université Toulouse Capitole a vocation à devenir un grand établissement ».

Le président de l’Université Toulouse Capitole, Hugues Kenfack, avait exprimé à nos confrères de l’Opinion Indépendante, son souhait d’obtenir son statut à l’horizon 2027. 

Ce statut a pour but de rassembler des établissements comme Sciences Po Toulouse, TSE, TSM, et l’École de droit en une seule structure. 

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TSE (Toulouse School of Economics) a avancé cette idée dès février 2022 : « Le passage en « grand établissement » va en effet permettre à l’École TSE de développer une stratégie budgétaire et de ressources humaines propre qui lui fera gagner en réactivité et souplesse ».  

Lors du dernier classement de Shanghai en novembre 2025 qui répertorie les meilleures universités du monde, TSE se plaçait à la 15ème place des meilleures écoles d’économie du monde. Un succès soutenant le projet de Grand Établissement d’Hugues Kenfack : « C’est le résultat d’une politique d’excellence assumée, partagée et essaimée dans tout l’établissement. C’est aussi une nouvelle illustration de la volonté et de la capacité de l’EPE Université Toulouse Capitole à devenir Grand Établissement dans les meilleurs délais », assurait-il toujours auprès de  l’Opinion Indépendante

Inquiétude des syndicats étudiants

Ce changement de statut est loin de convaincre la communauté syndicale étudiante, qui pointe du doigt les changements qu’il induit.

La principale inquiétude des syndicats étudiants repose sur le risque de forte augmentation des frais de scolarité. En se basant sur l’évolution des frais de scolarité dans plusieurs universités ayant adopté le statut de Grand Établissement, à l’instar de TSE, ils mettent en gardent les étudiants sur de probables augmentation de coûts. Le mardi 27 janvier, ils écrivaient dans un tract : « avec ce changement, tu vas peut-être payer ta licence 5 000 € et ton master 12 000 € », incitant ensuite leurs camarades à « agir».  À titre d’exemple, les frais de scolarité s’échelonnent sur 13 tranches tarifaires, de 0 € à 5 470 € par an à Sciences Po Toulouse alors que dans d’autres établissements d’UT1, les tarifs varient en fonction du profil du candidat.

La crainte est particulièrement présente à Sciences Po Toulouse, où le syndicat étudiant Le Souffle s’est opposé à cette mesure lors du conseil d’administration du 8 décembre 2025. « Nous craignons des coupes budgétaires importantes mais aussi une perte de pouvoir autonome de décision au sein de l’IEP (Institut d’Etudes Politique ndlr) avec une prise de contrôle de la présidence d’UT1, qui est toujours la première à envoyer la police contre les mouvements étudiants, ce que l’on refuse », y affirmaient les représentants. 

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L’inquiétude est plus largement partagée avec d’autres syndicats étudiants au sein de UT1. Le 13 janvier, dans un communiqué partagé entre l’UNEF, le Poing Levé,  TSE En Action,  l’Union Étudiante et le Souffle, les syndicats affirment : « Le passage de l’université en Grand Établissement s’inscrit dans la stricte continuité de la politique de casse de l’université des gouvernements successifs, main dans la main avec la présidence de l’UTC. Nous n’avons que faire de la concurrence des étudiants français, états-uniens, britanniques ou chinois, etc., qu’ils veulent nous imposer ».

Pour les signataires, ce nouveau statut ouvrirait un accès privilégié aux intérêts privés. « Les formations doivent désormais être « rentables », ce qui entraîne une extension, une rationalisation et la suppression de formations, au-delà de ce qui est déjà prévu, et auxquelles nous nous opposons fermement », ajoutent-ils.

Ce bras de fer qui semble s’engager risque donc de rythmer les préoccupations étudiantes pour le reste de l’année universitaire.