Dans le cadre du festival « Faire Ecologie » aux Halles de la Cartoucherie, une quinzaine d’enfants ont appris à faire des bombes à graines. Crédit : Ambre Padiolleau
A Toulouse, une quinzaine d’enfants de 8 à 12 ans ont pu assister à un atelier « bombes à graines », samedi 7 février 2026. Organisé dans la cadre du festival « Faire Ecologie » aux Halles de la Cartoucherie, les apprentis soldats ont mis la main à la pâte afin de fleurir le moindre coin de terre laissé à l’abandon.
« Aujourd’hui on va faire des bombes à graines. C’est violent les bombes, non ? » lance Fred Lisak, animateur de l’atelier. Autour de la table, placée au cœur des Halles de la Cartoucherie, à Toulouse, les enfants se fraient un chemin. Derrière eux, leurs parents sont tout ouïe. « Nous on ne va pas faire la guerre, mais on va aider les petites bêtes en plantant des fleurs. Je vous préviens il va falloir se salir les mains ! », s’exclame Fred.
« C’est un jeu d’enfant »
Quoi de plus amusant pour un enfant que de jeter des boules de terre ? C’est sur cette formule gagnante que se repose Fred. « C’est un jeu d’enfant » assure-t-il, avant de glisser, un sourire en coin : « Vous pourrez même jeter vos bombes chez le voisin ! ». Pour préparer les bombes, rien de bien compliqué : les enfants sont dotés d’une terre noire humidifiée, proche d’un engrais, plusieurs sachets de graines, et un peu d’huile de coude. Une fois la tambouille terminée, voilà de jolies boules alignées en rangs d’oignons, qui n’attendent plus qu’à germer.
« Le peace and love, les fleurs dans les casques de soldats, tout ça, c’est terminé, maintenant on parle de « green guérilla » », Fred Lisak, animateur de l’atelier « bombes à graines »
Alors que certains réfléchissent déjà au meilleur endroit pour jeter leurs boules, Rafaël demande à son papa : « Est-ce que je pourrais planter ma boule à la maison ? ». En effet, difficile de résister au mystère des graines qui se trouvent dans les sachets qu’il a versé. La liste est longue : graines mellifères, très pratiques pour faire du miel, graines pour papillons, mais aussi… graines de tournesols géants ! Les enfants se voient déjà projetés dans Jack et le haricot magique lorsque Fred leur explique qu’en quatre mois, les tournesols peuvent atteindre jusqu’à trois mètres de hauteur !
Une action politique et citoyenne
Si Fred Lisak a longtemps été animateur, il travaille maintenant dans une maison d’édition. « Moi ce que j’aime, ce sont les histoires humaines de la nature », confie-t-il. Il est à l’origine de cet atelier, inspiré d’un mouvement politique et citoyen né à New York, aux Etats-Unis. « Le peace and love, les fleurs dans les casques de soldats, tout ça, c’est terminé, maintenant on parle de « green guérilla » », développe-t-il. L’idée ici est de s’approprier les espaces urbains en développant la biodiversité, pour rendre les espaces plus accueillants à toutes les espèces du vivant.
Pour cette deuxième édition du festival, organisée sous l’impulsion de la libraire indépendante L’Autre Rive, Fred ne s’attendait pas à un tel succès : « Je ne pensais pas qu’il y aurait tant d’enfants ! ». D’ici la troisième édition, les bombes à graines semées par les enfants auront germé, et dans les rêves de certains, une forêt de tournesols géants aura pris racine le long de la Garonne.
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