Le café Perle interdit les ordinateurs le week-end. Crédits : Margaux Pousset

Depuis la crise du Covid, les étudiants et télétravailleurs investissent les cafés du centre-ville de Toulouse pour y travailler. Mais cette nouvelle clientèle pose la question de la rentabilité pour les gérants des cafés. Face à ce phénomène, les commerçants trouvent des solutions.

« Pas d’ordis le week-end ». Le message est clair sur la porte d’entrée du café Perle, dans le quartier de la Daurade à Toulouse. Depuis plus d’un an, Yin, la fondatrice, a pris la décision d’interdire à ses clients d’utiliser leurs ordinateurs le week-end. Un choix assumé : « Des clients qui restent trois heures à la même table, ce n’est pas rentable pour nous ». 

« Je ne suis pas une bibliothèque mais un commerce. »

Au Café Cerise, situé dans l’hypercentre, ce phénomène est aussi une réelle problématique. Valentin, le gérant du café, s’agace : « Je ne suis pas une bibliothèque mais un commerce ». 

Le week-end est une période clé pour la restauration. L’objectif est de faire tourner les tables afin d’accueillir un maximum de clients, selon cette gérante. Une rotation rendue difficile par la présence prolongée de clients installés derrière leurs écrans.

Depuis la crise du Covid, 30% des salariés font du télétravail, contre 4% auparavant. Ordinateur portable, casque sur les oreilles et café à portée de main, cette nouvelle clientèle investit les établissements pendant plusieurs heures.

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C’est le cas de Rita, étudiante en licence 3 de lettres modernes à Toulouse, qui vient régulièrement réviser dans les cafés toulousains. « Je viens ici car la bibliothèque universitaire est souvent complète. C’est aussi l’occasion de travailler en dégustant un bon café », confie-t-elle, entourée de ses fiches de révisions et de surligneurs. 

Une zone dédiée aux ordinateurs 

Face à cette nouvelle clientèle, les cafés s’organisent. Pour trouver un compromis, Valentin a décidé d’aménager une zone dédiée aux ordinateurs dans son établissement. Au fond du café, derrière la verrière, dix places assises sont désormais réservées aux clients souhaitant travailler. Après avoir envisagé une interdiction des ordinateurs pendant le service du midi, le gérant a finalement opté pour cette alternative. Cette organisation permet de mieux maîtriser le flux, même si certains clients regrettent de ne pas pouvoir s’installer en terrasse ou profiter de la vue sur la Garonne.

« Les clients peuvent prendre un expresso et rester de 8h à 19h sans problème »

À l’inverse, certains établissements ont fait le choix d’accueillir pleinement cette clientèle studieuse. C’est le cas de Ras la Tasse, un café qui jouxte la rue Saint Rome. Ici, aucune régulation : de nombreuses prises sont à la disposition des clients et la wifi est en accès gratuit. 

Majoritairement fréquenté par des étudiants, le café assume ce fonctionnement. « Les clients peuvent prendre un expresso et rester de 8h à 19h sans problème », explique une employée. Selon elle, il n’y a pas besoin de les inciter à consommer car « ils le font d’eux mêmes ». 

Margaux Pousset