Au Square Charles-de-Gaulle, une centaine d’élus, de journalistes et de citoyens se sont mobilisés pour manifester et réclamer la libération du journaliste français Christophe Gleizes. Crédit : HHD.

Huit mois après le début de la détention de Christophe Gleizes en Algérie, un rassemblement de soutien s’est tenu ce matin au Square Charles-de-Gaulle, à Toulouse, à l’appel du Club de la presse Occitanie et de Reporters sans frontières. Journalistes, citoyens et élus de sensibilités politiques différentes s’y sont retrouvés pour demander la libération immédiate du journaliste français.  

Ce jeudi en fin de matinée, le Square Charles-de-Gaulle se remplit peu à peu. Devant la stèle de Jean-Jaurès, une centaine de personnes sont rassemblées dans un climat calme et recueilli. Des journalistes, des étudiants, des élus locaux et des citoyens anonymes prennent place côte à côte, observant en silence. Au centre du rassemblement, un panneau de Christophe Gleizes a été installé, donnant un visage à une mobilisation pensée comme un geste de soutien à la fois symbolique et collectif.

Christophe Gleizes, collaborateur des magazines So Foot et Society, a été condamné en appel le 3 décembre 2025 à sept ans de prison pour des accusations d’« apologie du terrorisme » et de « possession de publications à visée de propagande ». Des chefs d’accusation largement contestés par sa défense et par les organisations de journalistes mobilisées. En Occitanie, en plus de Toulouse, deux autres mobilisations ont été organisées et un grand rassemblement est prévu ce soir à 20h au Bataclan, à Paris

Une mobilisation transpartisane autour de la liberté de la presse

Parmi les participants figurent des élus de sensibilités politiques différentes, illustrant la volonté de dépasser les clivages partisans. François Piquemal, élu de La France insoumise et candidat aux élections municipales de Toulouse, justifie sa présence par le caractère injuste de l’incarcération du journaliste. « On a un journaliste qui aujourd’hui est emprisonné de manière injuste », déclare-t-il, estimant que « les faits reprochés sont arbitraires ». Il rappelle que la demande de libération de Christophe Gleizes est formulée depuis le début de sa détention. « Le meilleur moyen d’obtenir une désescalade, c’est aussi la libération la plus immédiate de Christophe Gleizes, en tant que personne, mais qui ne doit pas être instrumentalisée politiquement », insiste-t-il, évoquant également le contexte géopolitique entre la France et l’Algérie. 

Présent lui aussi, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc met en avant le caractère fondamental de la liberté de la presse et la nécessité d’une large union autour de cette cause. « Il n’y a pas de démocratie sans liberté de la presse », affirme-t-il, estimant que l’emprisonnement d’un journaliste justifie une prise de position claire des responsables publics. Il souligne également l’importance du pluralisme politique dans ce type de mobilisation : « La liberté de la presse renvoie au travail des journalistes, qui rendent compte de la vie politique dans la diversité des expressions. Et ce pluralisme, c’est un signe de démocratie. »

Pourquoi Toulouse doit se mobiliser

Pour Jean-Luc Moudenc, la présence de la ville de Toulouse dans ce rassemblement s’inscrit dans une continuité historique et symbolique. « Toulouse est une ville qui, depuis toujours, chérit les valeurs de liberté », rappelle-t-il, ajoutant que la détention de journalistes dans le monde impose de ne pas rester silencieux. Le maire a également indiqué que Christophe Gleizes possède des attaches dans la région, ce qui confère à cette mobilisation locale une résonance particulière. La mairie s’est ainsi associée aux organisations professionnelles de journalistes pour matérialiser son soutien et demander officiellement une grâce présidentielle.

De son côté, François Piquemal rappelle que la situation de Christophe Gleizes s’inscrit dans un contexte plus large de pressions exercées sur les journalistes, en France comme à l’étranger. « Nous, de manière générale, on est pour la liberté de la presse, la liberté d’exercer partout », assène-t-il avant qu’il poursuive : « Je rappelle que des journalistes ont été tués de manière nombreuse à Gaza et qu’il ne faut pas oublier de se mobiliser aussi pour celles et ceux qui, dans des pays en guerre, essayent de faire vivre l’information ». Le candidat aux municipales souligne également que la presse était soumise à d’autres formes de pression. « Il y a d’autres moyens de museler la presse et les journalistes, (…) ça a commencé d’un musellement de l’information, de journaux qui ont des lignes politiques, c’est leur droit mais qui sont des lignes politiques de division du pays et qui répandent ainsi un racisme d’atmosphère qui est bien dommageable.»

À Toulouse, le rassemblement du 29 janvier se veut tant local qu’universel : local par le lieu et les acteurs mobilisés, universel par le message porté. Défendre Christophe Gleizes, pour les participants, revient à rappeler que la liberté d’informer demeure un pilier démocratique qui concerne l’ensemble des citoyens.