Trente-deux étudiantes de l’ICT lancent Vespera Éditions, leur maison d’édition associative. Crédit photo : Institut catholique de Toulouse
Avec Vespera Éditions, trente-deux étudiantes de l’Institut Catholique de Toulouse réinventent des contes traditionnels à travers un projet associatif, engagé et pensé comme un véritable laboratoire professionnel.
Dans un marché du livre en tension, une initiative étudiante veut faire entendre sa voix. Trente-deux étudiantes du Master 1 « Métiers du livre et de l’édition jeunesse » de l’Institut Catholique de Toulouse (ICT) lancent Vespera Éditions, une maison d’édition associative. Cette dernière doit permettre la publication d’un roman illustré regroupant six réécritures contemporaines de contes traditionnels.
Adapter des contes traditionnels à notre époque
« Vespera Éditions se veut engagée et a pour but de donner une seconde vie aux contes anciens, tout en étant abordable et inclusive puisqu’elle cible des lecteurs entre 13 et 15 ans », explique Éline Lemerle, présidente de l’association. Le nom choisi pour cet organisme n’est pas anodin. Dans la langue latine, Vesper désigne l’étoile du soir, visible au crépuscule, à l’heure où les contes sont lus. Le nom est féminisé en Vespera en référence à la composition féminine de l’association.
Mais donner une nouvelle vie aux contes anciens ne va pas sans difficultés. Les étudiantes doivent développer ce projet en parallèle de leurs études et dans un marché littéraire défavorable. Le Monde rapporte que « le marché s’est effrité de 0,8 % (…) entre janvier et fin août 2025, selon l’institut Nielsen GFK ». Le syndicat national de l’édition affirme de son côté que l’édition de livres jeunesse est « en recul de 3,8 % en valeur par rapport à 2023 ». Pourtant, ce n’est pas un sujet d’inquiétude pour les étudiantes de l’ICT. Leur statut associatif leur permet de ne pas entrer en concurrence avec les maisons d’édition traditionnelles. Produire et penser un livre implique cependant de composer avec la réalité du secteur.
« On apprend à travailler comme une petite entreprise »
L’objectif de Vespera est avant tout d’apprendre la réalité du métier en complément de leurs enseignements théoriques. « Tout ce que l’on apprend, on le met en pratique avec Vespera Éditions », développe la présidente de l’initiative. « On travaille comme une petite entreprise car en parallèle, on collabore aussi avec des professionnels. C’est très formateur », souligne-t-elle.
Si une partie des activités est financée par l’ICT, l’autre partie repose sur une levée de fonds à travers une cagnotte qui fonctionne comme une précommande. Cela permet à l’association d’évaluer le nombre de personnes intéressées et de prévoir le volume à imprimer.
Le projet est aussi un défi de communication, dans un contexte où la visibilité est devenue un enjeu central pour les petites structures. « Sur les réseaux sociaux, notre but est de nous adresser aux adolescents entre 13 et 15 ans, tout en restant accessibles aux parents », explique Emma Antraygues, référente TikTok de l’association. Pour toucher ces différents publics, Vespera Éditions investit aussi Instagram, Linkedin et une newsletter, afin d’entretenir un lien durable avec sa communauté.
La représentation comme boussole
Derrière cette organisation minutieuse, un enjeu de responsabilité s’impose auprès des adolescents selon Éline : « l’objectif est de (les) représenter, pas seulement d’aborder certains thèmes avec un regard cliché ». Une exigence qui s’explique aussi par leur position particulière sur le marché éditorial. « On est encore des étudiantes, mais on a une vraie volonté de représentation, que les grandes maisons n’ont pas toujours. Notre indépendance nous permet de choisir librement les sujets que l’on traite. »
Parmi les contes proposés sous un nouveau jour, certains sont déjà connus comme Raiponce, Le vilain petit canard ou encore Cendrillon. Un projet ambitieux, que les étudiantes espèrent voir, rencontrer son public.
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