Emanuelle Isgro, bénévole et chargée de communication de l’association Agir pour les animaux Crédits: Adèle Reiser

À Castelginest, le refuge municipal géré par l’association Agir pour les animaux fonctionne en grande partie grâce à l’engagement de bénévoles et aux dons. Face à l’inflation, à la hausse des frais vétérinaires et au manque d’aides publiques, l’équilibre financier du refuge reste fragile. 

« C’est une lutte de chaque jour, la réalité financière c’est le nerf de la guerre, si on n’a pas d’argent on ne peut pas soigner les animaux » explique Emmanuelle Isgro, bénévole et chargée de communication de l’association Agir pour les animaux, en charge du refuge municipal de Castelginest, au nord de Toulouse. L’organisme fonctionne grâce à une cinquantaine de bénévoles et une salariée.  

Le soutien public est limité.« On a uniquement une subvention de la mairie qui rémunère la responsable du refuge et une subvention pour stériliser les chats sauvages » détaille la bénévole. La mairie met également des locaux à disposition. En dehors de ce soutien, aucune aide directe de l’Etat ou du département ne vient renforcer le budget du refuge. Le centre d’accueil survit grâce à de nombreux partenariats avec des entreprises et professionnels locaux. « Ce sont surtout d’autres structures et des partenaires privés qui nous viennent en aide » souligne Emmanuelle Isgro.

L’association organise régulièrement des événements caritatifs pour financer les besoins du refuge : lotos, vides greniers, collectes… Mais les dons de particuliers constituent la majorité des recettes. « On se rend compte que malgré les difficultés financières, les gens restent très mobilisés pour les animaux » confie la chargée de communication. Les dons peuvent être financiers ou matériels (croquettes, jouets…) et l’association propose également aux particuliers de parrainer des animaux afin d’aider à prendre en charge leurs besoins.  

Le refuge peut aussi compter ponctuellement sur des aides de grandes fondations, comme la fondation Brigitte Bardot ou 30 millions d’Amis. « Cette année les dons ont été assez conséquents de la part de cette organisation » note Emmanuelle. Une aide renforcée due à la mise en cause de la fondation. La Cour des comptes l’a accusée en octobre dernier de ne pas assez dépenser pour les animaux et de garder trop d’argent dans ses réserves.  Un paradoxe lorsque l’on sait que des refuges ferment par manque de trésorerie. L’organisation a donc augmenté ses subventions.

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Des dépenses de plus en plus élevées  

Ces financements restent malheureusement limités face aux dépenses élevées du refuge. Il subit de plein fouet l’inflation : « Les frais vétérinaires ont beaucoup augmenté », explique la bénévole, « ils représentent près de la moitié des dépenses annuelles. Il y a aussi l’eau, l’électricité, tout a augmenté. On a de plus en plus de frais élevés pour pas forcément plus de prise en charge »

Si le refuge parvient encore à maintenir un quasi-équilibre entre recettes et dépenses, la marge de manœuvre est infime. « On a besoin d’argent pour continuer ce qu’on fait » rappelle-t-elle. Elle tient toutefois à rassurer: « Le manque d’argent n’impactera jamais les animaux, on se plie en quatre pour trouver des solutions, et ils n’en pâtissent jamais ».  

Un problème global

L’avenir reste incertain. « Il est difficile de se projeter » confie la bénévole. L’inflation touche également les particuliers, ce qui contribue à la hausse des abandons. « Tant que les choses n’évolueront pas dans la prise en compte des animaux en tant qu’être sensible impliquant un véritable engagement, la situation ne s’améliorera pas », ajoute-t-elle. 

Une réalité partagée par de nombreux refuges partout en France. Certains sont contraints de fermer. En 2024, la SPA de Haguenau accusait un déficit de 63 000 euros. « Ça n’a jamais été aussi grave », alertait sa présidente, Sabine Fghoul, auprès de dernières nouvelles d’Alsace. 

La hausse des dépenses de fonctionnement combinée à une augmentation des abandons fragilise le secteur. En 2025, 345 000 animaux ont été abandonnés en France, soit 10% de plus qu’en 2023, selon les associations.