Les passants déambulent dans le marché des Allées Jules Guesde à la recherche de bonnes affaires. Photo : Marylou Mialhe.

Le marché dominical des Allées Jules Guesde à Toulouse fait l’objet d’une pétition réclamant son déplacement, relançant le débat entre riverains et habitués.

Chaque dimanche matin, les Allées Jules Guesde s’animent au rythme d’un marché forain. Entre le Muséum de Toulouse et la station de métro Palais de Justice, les étals s’alignent et attirent une foule dense de Toulousains en quête de bonnes affaires. Sous quelques rayons de soleil, les visages s’éclairent. Passants, vendeurs et agents de la police municipale se croisent dans une atmosphère que beaucoup décrivent comme conviviale et bien encadrée.

Mais derrière cette image chaleureuse, une contestation se fait entendre. Un collectif d’habitants des quartiers du Busca et des Carmes estime que le marché n’a pas sa place ici. Il réclame son retour autour de la Basilique Saint-Sernin, où il se tenait avant 2017. Sur les tracts distribués aux promeneurs, trois arguments sont avancés : « la circulation et le stationnement extrêmement difficiles le dimanche ; la dégradation du cadre de vie des habitants du centre-ville ; la perte du caractère convivial et familial des allées Jules- Guesde. » 

Une initiative loin de faire l’unanimité

Sur le terrain pourtant, les témoignages recueillis nuancent ces critiques. Au cœur des allées, un homme d’une cinquantaine d’années assure : « le marché est très bien ici. Il n’y a pas de débordements, la police municipale encadre les lieux. » Un vendeur historique abonde dans le même sens et précise : « C’est impossible que le marché revienne à Saint-Sernin d’un point de vue logistique. On est trop nombreux, il n’y aura pas assez de place. Autour de la basilique ce n’était pas suffisamment encadré, il y avait de nombreux vendeurs à la sauvette. Aujourd’hui on a plus du tout ce problème. »

Avec ses dizaines de stands, le marché historique du dimanche matin transforme le paysage des allées pour la matinée. Durant quelques heures, une partie des allées est peuplée de vendeurs et de marchandises en tout genre. Mais loin du désordre décrit dans la pétition, le trafic semble être plutôt régulé et les organisateurs du marché sont sur place, prêts à intervenir en cas de besoin. « Les gens se plaignent de la circulation, mais quand on vient sur place, on ne voit pas de problème », soutient un des organisateurs, présent sur place pour veiller à la bonne tenue de l’événement. 

« Elle a été faîte par des gens qui veulent défendre un entre-soi des quartiers bourgeois du Busca. » 

Tout est donc mis en place pour que le marché se déroule sans problème. C’est ce que l’association des riverains de la maison d’arrêt Saint-Michel et du Busca met en avant. Selon ses membres, le marché permet de faire vivre le quartier et de faire fonctionner l’économie locale. Charles Marion, président de l’association, explique : « Dans le monde actuel où tout le monde achète sur internet, ce qui écologiquement n’est pas très bon, je trouve que c’est mieux d’acheter à des vendeurs locaux. » S’il avoue avoir entendu parler de la pétition, il exprime tout de même son désaccord avec elle : « Je trouve le contenu de cette pétition malsain », déclare-t-il. « Elle a été faîte par des gens qui veulent défendre un entre-soi des quartiers bourgeois du Busca. » 

Si la pétition partage un point de vue négatif sur le marché et sur son organisation, celui-ci n’est donc pas partagé par les personnes présentes le long des allées. Même au-delà des frontières du rassemblement, « aucune plainte n’a été formulée à propos de cet événement auprès de l’association », assure Charles Marion. Loin de faire l’unanimité, cette pétition a quand même été signée par 120 personnes et, comme le rappelle un fonctionnaire sur place : « Même si je ne suis pas d’accord avec eux, ces gens ont le droit de faire une pétition et d’être entendus par la mairie. »