Le projet Eurocampus offre des primes à la mobilité
Le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, peut se réjouir. Le projet Eurocampus qu’il avait proposé le 18 juin dernier, au cours de l’assemblée annuelle des présidents de l’Eurorégion Pyrénées – Méditerranée, à Majorque (îles Baléares), a été accueilli avec enthousiasme.
Pour bien comprendre les enjeux de cet ambitieux programme, il est nécessaire de remonter à ses origines. En octobre 2004 est créée l’Eurorégion Pyrénées – Méditerranée, un projet qui rassemble quatre régions de France et d’Espagne : Midi–Pyrénées, Languedoc–Roussillon, la Catalogne et les Baléares. Afin de renforcer les liens entre les deux pays, et de permettre aux futurs projets de coopération de bénéficier d’une légitimité à plus grande échelle, l’Eurorégion s’est constituée l’an dernier en Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) : il s’agit donc à présent d’une instance européenne qui peut disposer d’une équipe, d’un budget, et qui peut surtout se positionner sur des appels d’offre ou des projets de coopération européens. Le concept s’est exporté ailleurs en Europe et a donné naissance, en 2006, à l’Eurorégion Adriatique puis à l’Eurorégion de la mer Noire. La présidence (tournante) de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée repose depuis le 18 juin 2009 entre les mains de Georges Frêche, actuel président de la région Languedoc–Roussillon.
Un Eurocampus dans l’Eurorégion
C’est dans ce contexte qu’a vu le jour Eurocampus. Ce « campus géant » a pour objectif de « favoriser la mobilité étudiante, les échanges, l’innovation, hors du cadre limite de la région », comme l’explique Alain Beneteau, vice–président de la région Midi–Pyrénées. Centré sur la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs d’une part, ainsi que sur la mise en place d’un campus numérique, Eurocampus vise donc à rassembler et à fédérer l’ensemble des acteurs et des moyens au sein d’un campus transfrontalier et interrégional. Plus de 500 000 étudiants, une quarantaine d’établissements d’enseignement supérieur et près de 400 000 chercheurs sont concernés, ce qui devrait permettre à Eurocampus de s’affirmer comme un axe majeur de l’enseignement et de la recherche en Europe.
Lors du prochain rendez-vous, fixé le 21 octobre à Montpellier, « les présidents de région inviteront les présidents d’université à débattre. […] On arrêtera le premier point d’accord, à savoir un chèque d’un montant de 600€ attribué à tout étudiant partant en mobilité transnationale, dans le cadre de l’Eurorégion. Cet étudiant doit être de M1 ou M2, et le chèque sera effectif dès cette rentrée », ajoute M. Beneteau. D’autres sujets sont également à l’étude, parmi lesquels la co–tutelle des thèses, les doubles diplômes délivrés par les universités françaises et espagnoles, ou encore l’attribution de bourses aux enseignants afin de faciliter les échanges inter–universités. Reste à savoir quand ce beau projet sera réellement effectif, et quels seront les étudiants qui pourront bénéficier de tous ces nouveaux dispositifs.
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Un autre exemple de coopération européenne : la licence bilingue
Pour approfondir ses compétences en langues étrangères, on connaissait déjà le programme Erasmus, dont bénéficient plus de 180 000 étudiants chaque année. La licence bilingue, mise en place depuis peu dans quelques universités, commence seulement à faire parler d’elle. Une expérience nouvelle, pour les étudiants comme les enseignants, qui semble convenir à tous.
En 2008, l’Université Toulouse 1 s’est elle aussi lancée dans l’aventure, proposant des licences bilingues en espagnol et en anglais. Le principe est simple. L’étudiant peut choisir entre une licence d’économie ou de droit. En plus des enseignements classiques, il suit toute une série de cours d’ouverture sur le monde hispanique ou anglo-saxon. La troisième année se passe obligatoirement dans un pays hispanophone ou anglophone, selon le cas.
« J’ai choisi cette licence car le côté double de la formation me plaisait , explique Frantz Dhertz, en deuxième année de Droit « Parcours Sciences politiques et monde contemporain hispanique » . Au programme : histoire hispanique mondiale, art et littérature espagnole, droit espagnol… « Et tout ceci en plus du droit français habituel ! », souligne l’étudiant. Pour Amanda Fudym, étudiante dans la même classe, c’est avant tout « l’idée de pouvoir continuer à faire de l’espagnol » qui l’a poussée vers la licence bilingue. Un choix qu’elle ne semble pas regretter, malgré quelques appréhensions vis-à-vis de l’avenir : « Cette licence a ouvert l’an dernier à peine et nous sommes la première génération à l’expérimenter ». Le choix d’une licence bilingue s’est fait tout naturellement pour Claire Moretto : « passionnée par l’histoire contemporaine de l’Amérique », elle y a vu l’occasion de concrétiser son projet professionnel qui est de travailler pour la défense des droits indigènes dans une ONG. Satisfaite par sa formation, elle précise que si « la licence est un atout majeur dans un CV, elle ne peut se suffire à elle-même et il faut la compléter d’un master 2 ».
Selon Antonia Pallach, professeur d’espagnol au département des langues et civilisations de l’Université Toulouse 1, la licence bilingue présente des avantages certains : « Les étudiants sont bilingues à la fin et disposent d’une parfaite connaissance du monde hispanique ». Des compétences rares et appréciées sur le marché de l’emploi. La licence serait victime de son succès. « On a reçu 600 dossiers de candidature cette année, pour seulement 30 places disponibles pour chaque licence », ajoute-t-elle.
[1] Rendez-vous sur le site www.euroregio.eu/ pour tout savoir sur l’avenir d’Eurocampus.



