Le mariage est-il devenu « has been » ?
Le Pacs fête ses dix ans. L’occasion de faire un point sur une union qui s’est largement banalisée, au point même de supplanter l’institution matrimoniale dans certaines zones urbaines, comme à Toulouse.
Si le nombre de mariage n’a cessé de décroître ces dernières années, passant de 298 000 en 2000 à 267 000 en 2008, le nombre de Pacs (Pacte civil de solidarité) connaît pour sa part une augmentation exponentielle. Alors qu’ils n’étaient que 6000 à tenter l’aventure en 1999, l’on a recensé pas moins de 144 716 pacsés en 2008(1). A Toulouse et dans le XIe arrondissement parisien, le Pacs a même supplanté le mariage au cours des dix premiers mois de 2009. Une donnée significative qui pourrait bientôt concerner d’autres villes.
Un Pacs à 94% hétérosexuel
S’il était considéré à sa naissance comme un ersatz de « mariage homosexuel », provoquant une levée de bouclier, voire de bibles…de la part des « anti-Pacs », il est aujourd’hui célébré par une très forte proportion d’hétérosexuels. A tel point que les homosexuels ne représentent plus que 6% des pacsés, alors qu’ils étaient 42% en 1999.
Parfaitement anonyme, rapide, facilement annulable, il offre de véritables avantages fiscaux, et particulièrement depuis sa révision en 2006. Le revers de la médaille est qu’il ne permet pas d’accéder à tous les avantages des couples mariés, notamment en cas de décès du conjoint ou en matière de parentalité.
Toulouse, première mairie à célébrer le Pacs
En réalité, le Pacs est souvent vécu comme une première étape avant le mariage, et rarement considéré comme une véritable cérémonie. Pour autant, Pierre Cohen, maire de Toulouse, a permis aux couples pacsés de célébrer leur union au même titre qu’un mariage. Il a été le premier maire à prendre une telle initiative. Depuis, les villes de Nice, Lille ou Angers ont suivi le mouvement. Mais alors que 1375 Pacs ont été prononcés en 2008 au Tribunal d’Instance de Toulouse, seuls 20 couples ont célébré leur union au cœur de la splendide salle des Illustres. Preuve que le Pacs n’est pour l’instant considéré que comme une simple union civile, et ne revêt pas la même symbolique que le mariage.
(1) Source : INED, Institut national d’études démographiques


