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A l’université, "satisfait ou remboursé"

Publié le : 22 avril 2011

4 avril 2015. Ce matin je suis arrivée à la fac en courant. Plus moyen d’être 5 minutes en retard depuis qu’ils ont remplacé le gardien par un portail automatique. Toute en sueur, j’ai poussé la porte de l’amphi. Personne. C’est ma faute, j’aurais dû consulter ma boîte mail. Monsieur X, le fameux professeur d’économie de l’université de Harvard, doit être encore absent. Coincé entre deux aéroports ? Ou indisponible à cause d’un colloque au Japon ? J’avais tellement de questions à lui poser. Tant pis. De toute façon, j’ai complètement décroché depuis que tous les cours sont en anglais…

Deux heures à tuer jusqu’à mon cours de finance, que faire ? Je serais bien allée bouquiner à la Bibliothèque Universitaire, mais j’ai oublié de payer le renouvellement de mon abonnement. Si j’étais sérieuse, j’en profiterais pour me remettre activement dans mes recherches de stage. Mais en ce moment je manque cruellement de motivation : productivité zéro, je me sens vraiment nulle ... Et si j’allais prendre un café au Starbucks de la fac ? Eurêka ! Je sais, ça coûte un bras, mais ça a quand même une autre gueule que ce qu’on nous servait à la vieille cafet. « Héhé », en plus avec les points cumulés sur ma carte de fidélité je crois bien que j’ai droit à un cappuccino gratuit !

Je traverse le hall en direction du café. Devant moi quatre hommes en bleu traînent avec eux un étudiant. Encore ! C’est la troisième fois depuis septembre. « Intégrer l’université dans la mondialisation », qu’ils disaient … Alors pourquoi il faut un titre de séjour pour étudier en France ? La libre circulation des individus c’était bien une idée libérale non ? Cette fois c’en est trop ! J’attrape mon portable et appelle le service clientèle de la fac. Ils vont m’entendre ! Mais la personne qui décroche parle à peine français, impossible de communiquer.

« Satisfait ou remboursé », disait la brochure de pré-inscription au master. Quand j’y pense je récupérerais bien mes 5 000 euros de frais d’inscription pour aller me promener. Mais ça, ce serait mettre en péril ma réussite professionnelle. Alors, on arrête de rêver et on se met au boulot ?

Charlotte Ayache