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La Dynamo s’installe en centre ville

Publié le : 19 octobre 2010

Le nouveau café-culture La Dynamo a ouvert ses portes au début de l’été dans le quartier de la Colombette, en plein centre ville de Toulouse. Vendredi soir, nous sommes allées à la rencontre de Yannick Corbère, son gérant accompli.

Cela fait des années que Yannick est patron de café. Mais aujourd’hui, à Toulouse, il gère un bar pas comme les autres. Avec un de ses amis, Xavier Autain, il s’est lancé dans une nouvelle aventure : celle du café-culture. Yannick est le vice-président national du Collectif Culture Bar-bars, dont le réseau Midi-Pyrénées regroupe vingt-six bars. Ensemble, ils défendent une éthique : favoriser la diffusion des artistes et la convivialité, en plaçant au centre de leur activité la mise en valeur d’un spectacle vivant, d’un concert ou d’une expo plutôt que le débit de boissons.

Après une période de gestation, en juin, les clients buvaient enfin leurs premières bières aux comptoirs de La Dynamo. La programmation de spectacles et de concerts, elle, a démarré il y a quelques semaines.

Toulouse en manque de cafés

La Dynamo est née de la volonté d’implanter à Toulouse un café-culture de taille. En tant qu’ex-gérant du Petit London, Yannick Corbère possédait une bonne connaissance du milieu toulousain, nécessaire à la réalisation de ce projet local. Les cafés-cultures de Toulouse se contentent aujourd’hui pour la plupart d’une capacité d’accueil qui va de 20 à 100 personnes au maximum. La Dynamo peut abriter jusqu’à deux cent spectateurs, voire plus. « Toulouse est une grande ville en pleine explosion démographique. Il manquait un endroit pour accueillir des formations locales ou régionales, et des tours nationaux. La Dynamo est née d’une envie. J’espère donner des idées à d’autres entrepreneurs pour qu’ils créent d’autres structures comme la mienne », explique Yannick.

D’où vient cette famine des amateurs de culture ? Le gérant accuse les collectivités locales. « Le manque criant de structures d’accueil pour le tissu local est du à la léthargie de Toulouse ces quinze dernières années en la matière », insiste-t-il. Selon lui, aucune politique n’a su faire bouger les choses.

La Dynamo, pourquoi tu t’appelles comme ça ?

« Nous avons cherché un nom mécanique car nous avons découvert ici un lieu industriel, une manufacture chargée d’histoire. L’idée vient aussi d’un café nantais, Le Dynamo. Nous l’avons féminisé. On souhaite que le « la » soit le pronom de cette nouvelle expérience ».

Un travail en réseau

La programmation du café est dense. Et éclectique. Quand le chef d’entreprise en parle, il affirme qu’aucune stratégie n’a désigné un public à drainer dans la salle de spectacle. « Nous avons invité des gens qui ont un savoir-faire. Qui aiment leur musique, qui ont défendu leur projet et qui ont trouvé un écho chez nous. Le public est le public des artistes qui sont invités et non pas une catégorie socioprofessionnelle, ou autre », précise-t-il.

Un One man band, du rock noise, un bal populaire, un cours de tango attendent la personne qui veut boire un verre, « mais qui est aussi curieuse d’une expo ou d’un spectacle ». En vertu de ce principe, peu ou pas de véritable sélection des artistes de la part des deux messieurs. Mais un réseau solide d’associations de producteurs locaux (La Chatte à la Voisine, Toulouse Punkers…), auxquels ils font confiance. Elles servent de vivier pour la programmation. Et la recette marche, le café tourne à plein régime. Sur les affiches, on compte pas moins d’une vingtaine de concerts par mois.

La Dynamo, un concept qui va exploser

La rue Amélie semble paisible. Pourtant, au détour d’une porte discrète, l’agitation à La Dynamo se fait sentir. A l’intérieur, nos regards se promènent en quête d’identification du public. Une tâche ardue, car si les jeunes sont majoritaires, nous découvrons aussi des enfants, leurs mamans, un vieillard au regard fixé sur les tableaux, des étudiantes, de jeunes actifs sur un canapé qui se détendent après une journée de travail, ou un groupe d’adolescents venus en skateboard. C’est dire si, entre deux cafés fumants, une exposition issue d’une réflexion intéressante et rythmée par un DJ fan de hip hop américain des années 90, peut susciter l’intérêt de tous.

Agathe Bouisset, Cécile Paulet