Précarité : les études à quel prix ?
Un dixième mois pour les étudiants boursiers, oui mais...
Le 29 septembre, lors d’un discours en Avignon, Nicolas Sarkozy faisait une double annonce : dans le cadre de la réforme des universités, le président de la République a confirmé sa volonté d’allonger « la durée effective de l’année universitaire » , faisant passer celle-ci à dix mois. Affirmant sa volonté de voir ouvertes dès septembre les bibliothèques et salles informatique des universités, le chef de l’État a également annoncé qu’un dixième mois de bourse serait accordé aux étudiants, une fois l’allongement de la durée de l’année universitaire mise en place, et cela « pour permettre aux jeunes de condition modeste d’avoir les mêmes chances que les autres de réussir ». La contrepartie de cette mesure sera un respect plus strict des règles d’assiduité par les étudiants, quitte à renforcer les contrôles, a prévenu Nicolas Sarkozy.
Seuls 9% des étudiants seraient concernés
Le versement du dixième mois de bourse était une des principales revendications des syndicats étudiants, et a priori, ils ont de quoi être satisfaits. A priori seulement, car si l’on se penche en détail sur l’annonce faite par le Président de la République, on comprend que ce dixième mois de bourse ne concernera que les universités fonctionnant effectivement sur 10 mois, ce qui ne représenterait que 9% des étudiants. Or, même si beaucoup ne reprennent les cours qu’en octobre, ils ont souvent besoin d’être présents sur leur lieu d’études dès septembre pour s’inscrire ou assister à la journée de pré-rentrée. Sans compter que le mois de septembre est celui de nombreux frais liés à la rentrée scolaire.

De plus, l’UNEF, qui demandait l’instauration du dixième mois de bourse depuis longtemps, émet une autre réserve quant à l’allongement de l’année universitaire. Selon le premier syndicat étudiant, depuis la réforme LMD, 75% des étudiants reprennent déjà en septembre, parfois avant le 15 ( classes Prépa, IUT, …) sans toucher aucune aide.
Des calendriers décalés
Toutefois, cette annonce témoigne d’une volonté de prendre la condition étudiante à bras-le-corps et beaucoup l’ont compris, à l’image des présidents d’universités, qui se disent satisfaits dans un communiqué de la Conférence des présidents d’universités (CPU). Ceux-ci confirment les dires de l’UNEF, en précisant que cette mesure est légitime, puisque de nombreux étudiants sont mobilisés 10 mois par an. Ils ajoutent d’ailleurs que les CROUS ont déjà pris la mesure de ce calendrier en organisant la perception des loyers universitaires sur 10 mois. L’annonce de M.Sarkozy se faisait donc allègrement attendre.
Si l’État prend manifestement des engagements pour améliorer le quotidien des étudiants, c’est à chaque fois sous conditions, ce qui empêche la majorité d’en bénéficier. Réformer le système universitaire reste donc un vrai casse-tête. Et comme si cela ne suffisait pas, le CROUS de Toulouse vient d’informer les étudiants boursiers qu’à la suite d’un souci informatique, le versement des bourses n’a pas été fait et prendra du retard. Encore une rentrée sereine.


