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Rue Frontenac : les journalistes montréalais se rebiffent

Publié le : 20 mars 2009

Depuis le 24 janvier, les 253 employé-e-s du "Journal de Montréal" ont été mis en "lock-out" par Quebecor Media, qui possède le quotidien. En réaction, ils ont crée leur propre site d’information en ligne.

Le Syndicat des Travailleurs de l’Information du "Journal de Montréal" (STIJM) s’est mis en grève pour protester contre les suppressions de postes annoncées au sein du journal et les nouvelles conditions de travail que Quebecor Media veut imposer.

Afin de peser sur la direction, le STIJM a crée le site web Rue Frontenac, clin d’oeil à l’adresse du journal, au gouverneur qui a résisté à l’invasion du Québec par les Anglais, ainsi qu’au site d’information Rue 89. Les journalistes montréalais veulent, à travers ce site, continuer à informer leurs concitoyens de façon indépendante et libre, tout en prenant le virage numérique, ce que leur a toujours refusé leur direction.

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Le site ruefrontenac.com est en ligne depuis le 24 janvier

Le conflit semble dans l’impasse, alors que Pierre-Karl Péladeau, président de Quebecor Media, lie le conflit au refus des journalistes de s’adapter aux réalités de la crise de la presse. Le STIJM rétorque que le "Journal de Montréal" a réalisé des profits l’année dernière et que leur site montre qu’ils sont prêts à s’adapter, notamment via le webjournalisme.

On notera que Quebecor Media avait déjà eu affaire à ce type de conflit avec le "Journal de Québec", ce qui avait entraîné un "lock-out" de 16 mois. La société de communication de masse est accusée de "convergence", possédant chaînes de télé et journaux, les uns faisant la promotion des autres.

Rue Frontenac bénéficie du soutien de nombreuses personnalités, notamment issues du journalisme et du milieu artistique. Alors que la crise de la presse écrite est sur toutes les lèvres et qu’Internet est pointé du doigt, il semble que le salut des journaux papier dont le "Journal de Montréal"(2) passe par leur numérisation. Belle ironie du sort.

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Thomas Vitry

[1] (1) Un "lock-out" est la fermeture provisoire d’une entreprise (ici le "Journal de Montréal"), décidée par l’employeur pour répondre à un conflit collectif ;

[2] (2) Le "Seattle Post-Intelligencer" a annoncé le 16 mars qu’il cessait de paraître en version papier pour passer en tout-numérique. En février, c’est le "Rocky Mountain News" de Denver qui avait choisi cette voie pour faire face à la crise.