L’an 1 de Pierre Cohen à la mairie de Toulouse

Romain Cujives : « La Mairie va redevenir un partenaire pour les étudiants toulousains

Publié le : 20 mars 2009

Romain Cujives est secrétaire national du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) et conseiller municipal en charge de la vie étudiante à Toulouse.

Univers-Cités : En quoi consiste le poste de conseiller adjoint à la vie étudiante, s’agit-il uniquement de l’organisation du CVE ?

Romain Cujives : Non, être conseiller municipal en charge de la vie étudiante, ça ne s’arrête pas au CVE. Je crois au contraire que c’est une délégation particulièrement large. Le mandat que m’a donné Pierre Cohen est de faire en sorte que la Mairie de Toulouse redevienne enfin un véritable partenaire de tous les étudiants toulousains. Donc c’est beaucoup plus large que le simple CVE, cela consiste par exemple à réfléchir en terme de transports en communs : qu’est-ce qu’il convient d’améliorer dans ce domaine, en ce qui concerne les étudiants ? Vis-à-vis des association étudiantes : comment renouer un lien constructif ?

Comment est née l’initiative du CVE ?

L’initiative est d’abord partagée et approuvée globalement par l’ensemble de la liste. Elle s’inscrit dans une démarche de démocratie citoyenne tout comme le conseil des résidents étrangers ou le conseil des seniors. Cela s’inscrit dans un schéma global et on l’a mis en place très rapidement avec Jean-Michel Fabre [adjoint au maire de Toulouse, ndlr] dans le cadre des « rencontres de la citoyenneté ».

Concrètement, depuis la réunion de présentation du 12 novembre, comment se sont déroulées les commissions ?

Depuis le 12 novembre, se sont tenus 3 comités d’animation - cet organe qui se réunit 1 fois par mois- et nous avons eu une réunion de chacune des commissions. Nous avons essayé de procéder de manière assez simple dans chacune des commissions : se donner environ 1h30 avec une première partie toujours consacrée a la Mairie de Toulouse ou aux institutionnels pour que nous puissions exposer aux étudiants des choses que nous faisions déjà et pour lesquelles nous avions besoin d’aide ou la nécessité de les informer. Dans un deuxième temps, avait lieu un moment d’échange et de dialogue où j’étais à l’écoute des étudiants. Il s’agissait de leur dire : « Il me semble avoir cerné ce problème, pensez-vous qu’il s’agit d’une réelle nécessité », afin que nous puissions avancer vers certaines pistes de réflexions. Il est certain que cela n’a pas été facile au début, il n’y a pas eu énormément de participation. De toute façon nous n’avions pas la volonté d’être très nombreux car je pense qu’au-delà de 30 personnes, on ne peut pas travailler. C’est pour cela qu’existent les commissions et qu’on ne travaille pas qu’en assemblée plénière. Je crois que ce que l’on présentera jeudi, pour la première véritable assemblée plénière, montrera tout de même que l’on a pu aboutir à quelque chose. C’est maintenant à moi et aux autres élus de concrétiser ces propositions pour que, lors de la prochaine commission, je rende compte aux étudiants du travail effectué avec les différents services et que l’on ait des propositions concrètes et précises.

En ce qui concerne le bilan que vous tirez des différentes commissions qui se sont tenues, que pensez-vous du profil des étudiants qui y participent ? Ne retrouve-t-on pas toujours un peu les mêmes militants ?

Comme je suis quelqu’un de tout à fait honnête, je vais vous répondre que oui. Oui, pour l’instant, les étudiants sont plutôt des étudiants engagés. « Engagés » ne veut pas dire engagés politiquement mais dans des associations, dans le milieu citoyen...bien qu’on ait eu des étudiants qui soient venus de « nulle part ». Ce n’est pas non plus quelque chose qui m’angoisse, parce que ces étudiants là sont des relais d’opinion qui peuvent transmettre les informations. Et nous n’avions d’ailleurs pas voulu non plus se retrouver trop nombreux car on savait pas vraiment « doser » pour cette première expérience. Les réunions se sont faites sans trop de publicité, avec les gens qui s’étaient inscrits préalablement au CVE, mais on a quand même eu un panel relativement large d’étudiants.

Un des reproches qui est fait au CVE, c’est son caractère uniquement consultatif. Les étudiants auraient donc beau se réunir et être consultés, ils n’auraient aucune certitude que les propositions soient reprises.

Non, en effet, il n’y a aucune certitude que les propositions du CVE soient mises en place. Je crois que ceci est tout simplement du au fait qu’en France, on est dans le cadre d’une démocratie représentative : in fine, les décisions doivent être prises par celles et ceux qui ont été élus pour cela, même si je suis très favorable à des procédés de démocratie directe. Mais si les propositions sont claires, réalisables et finançables, il n’y a aucune raison que je ne les reprenne pas pour améliorer la vie des étudiants a Toulouse. C’est mon rôle et mon mandat. Je pense notamment à une des propositions qui a été faite dans le cadre de la commission « Accueil des étudiants étrangers » durant laquelle il a été demandé que soit mis à la disposition des étudiants étrangers un regroupement de toutes les associations qui les concernent, toutes les aides et hébergements dont ils peuvent bénéficier. Cela se ferait soit sous forme de guide, soit par une plate-forme Internet...J’ai déjà entamé une réflexion avec d’autres élus alors qu’on a pas terminé d’en discuter en assemblée plénière parce que c’est une proposition qui, je crois, répond a des attentes et qui est claire et concise. Nous n’avons certes pas voulu nous lier les mains mais il faut savoir qu’il n’y a aucune disposition en France qui permette que le citoyen non élu décide de manière directe en dehors du contrôle d’un élu.

Quels vont être les principaux thèmes abordés lors de la prochaine assemblée plénière ce jeudi 19 mars ?

Tout d’abord le comité d’animation a souhaité utiliser son droit d’interpellation et saisir directement Pierre Cohen sur 4 points. Le comité veut notamment connaître la position de la Mairie concernant les mobilisations étudiantes actuelles. Il s’agit de voir si la Mairie pourrait soutenir officiellement telle ou telle revendication afin qu’elle puisse toucher le plus de monde et ainsi faire plier le gouvernement. Puis chacun des rapporteurs désignés par les 4 commissions [« Vivre autonome », « Etre solidaire », « Se divertir » et « Accueil des étudiants étrangers »,ndlr] va rapporter ce qui s’est dit dans les commissions et avancer les premières pistes de propositions. Pour chaque rapport se tiendra un débat avec la salle pour savoir si les commissions sont en accord ou pas avec les étudiants et ce qu’il convient de rajouter.

Qui forme le comité d’animation ?

Le comité d’animation est composé des 7 élus du CROUS, du vice-président étudiant de chacune des facultés, 1 représentant LMDE et Vittavi, 1 représentant du PRES, et 1 rapporteur de chacune des commissions.

- A part celle concernant les étudiants étrangers, quelles seraient les propositions qui pourraient être reprises ?

On a pensé dans la commission du sport à une ouverture plus tardive des équipements sportifs, ce qui fait partie des revendications des étudiants. On a également réfléchi sur les bibliothèques, afin de voir avec les présidents d’université si les bibliothèques universitaires peuvent être ouvertes par moment pendant les vacances et s’adapter d’avantage au rythme des étudiants.

Propos recueillis par

Margaux Collet