Richard Descoings relève le défi de la réforme du lycée
Publié le : 25 mars 2009Richard Descoings, directeur de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, était cette semaine en visite dans plusieurs lycées de l’académie de Toulouse. Une tournée qui s’inscrit dans la "concertation pour la réforme du lycée", mission qui lui a été confiée le 14 janvier dernier par le ministre de l’Education, Xavier Darcos.
Mardi 17 mars, le nouveau chargé de mission est allé à la rencontre des élèves et du personnel des lycées Foch de Rodez, Champollion de Figeac et Bourdelle de Montauban. Il était le lendemain au lycée Le Garros d’Auch. Des visites jugées "un peu rapides" par les syndicats, mais bénéficiant néanmoins du travail de consultation effectué en amont par l’académie de Toulouse, depuis les remous provoqués en fin d’année dernière par le projet de réforme de Xavier Darcos. Le ministre avait alors choisi, dans un contexte social difficile et face à une contestation lycéenne qui menaçait de devenir ingérable, de reporter sans délai son projet.

Le directeur de Sciences Po Paris, mandaté par Xavier Darcos, a entamé son tour de France des lycées (photo lemonde.fr).
Un médiateur attendu
L’option retenue par Xavier Darcos pour relancer les négociations est ainsi celle du médiateur, démarche actuellement en vogue au sein du gouvernement. Un choix qui paraît sage, dans une période où la politique des ministères de l’Education et de la Recherche fait l’objet de vive contestations. Et pour relever le défi de la réforme du lycée, sur lequel tant d’hommes politiques se sont cassé les dents, le choix de Richard Descoings n’est pas une surprise.
A 50 ans, celui qui dirige Sciences-Po depuis 1996 n’en est pas à sa première expérience politique. Parallèlement à sa carrière au Conseil d’Etat, cet énarque a notamment fait partie en 1991 du cabinet de Michel Charasse, ministre du Budget, avant d’être nommé responsable des questions budgétaires de l’Education nationale auprès de Jack Lang, de 1992 à 1993. A la tête de l’IEP, il est à l’origine d’une politique controversée d’ouverture de la grande école aux classes les plus défavorisées. Un bagage qui contribue à expliquer la nomination de celui dont le nom circulait pour un porte-feuille ministériel au moment de l’élection de Nicolas Sarkozy. Mais à ceux qui lui reprochent d’être une nouvelle figure de l’ouverture à gauche, il répond que « tout l’intérêt d’être chargé d’une mission, c’est d’être à la fois à côté du ministre, mais en dehors de la structure politique et administrative ».
« Redémarrer de zéro »
Pour mener à bien sa mission, Richard Descoings veut mettre en place trois modes de consultation en parallèle : les visites sur le terrain, Internet, et les audiences avec les syndicats et autres partenaires. Si le premier axe semble en bonne voie, il en va autrement des deux autres : un portail de débat en ligne se fait toujours attendre, et nombre d’organisations syndicales refusent toute discussion aussi longtemps que des suppressions de postes seront prévues.
De quoi compliquer la tâche de Richard Descoings, qui doit rendre un premier rapport en mai avant une "contribution définitive" attendue pour octobre, en vue de la rentrée 2010. Celui qui déclare vouloir « redémarrer de zéro » le projet de réforme a beaucoup à gagner, en cas de succès. En sauvant la mise à Xavier Darcos, il serait en bonne place en vue d’un prochain remaniement ministériel.


