QUE SONT-ILS DEVENUS ? Raphaëlle Faure : « Savoir intégrer de nouvelles compétences rapidement est notre valeur ajoutée »

Vers quel métier s’orienter après Sciences po ? Cette semaine, « Univers-Cités » a rencontré Raphaëlle Faure, diplomée de l’IEP en 2009 et aujourd’hui assistante au développement et au commerce international pour le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec.

JPEG - 3 ko
Raphaëlle Faure

Univers-Cités : Quel parcours scolaire avez-vous suivi ?

Raphaëlle Faure  : J’ai obtenu un bac scientifique en 2003 et j’ai fait une classe préparatoire, Hypokhâgne, à Anthony, en banlieue parisienne. J’ai décidé d’intégrer l’IEP de Toulouse l’année suivante. Je me suis ensuite spécialisée dans le parcours « Stratégie d’entreprises et relations internationales ».

En quoi consiste votre travail actuel ?

Depuis septembre dernier, je suis assistante au développement et au commerce international au ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) du Québec, pour la division Asie Pacifique. Après avoir cherché un job sur internet et envoyé des CV, j’ai été sélectionnée sur entretien téléphonique. J’ai été chargée du suivi logistique de la délégation d’entreprises participant à la visite du ministre M.Arcand en Chine en octobre 2009. Je dois également accompagner un acheteur japonais pendant la Fashion week Montréal, en mars prochain. Je suis également responsable de la mise en en place d’une cellule de veille du marché chinois.

Pourquoi avez-vous choisi cet emploi ?

Le poste correspondait au travail que j’avais réalisé en stage de fin d’études. Je me savais donc compétente pour le poste et j’avais envie de comparer les deux administrations, française et québécoise. J’avais choisi depuis longtemps de travailler à l’étranger et cette volonté a orienté toute ma carrière. Le choix du Canada s’est fait avec mon conjoint, en fonction des opportunités qui lui étaient offertes.

La formation reçue à l’IEP a-elle été utile pour votre travail actuel ?

Évidemment, la formation que j’ai reçue à l’IEP m’a été très utile. Honnêtement, elle ne m’a donné aucune compétence technique mais la capacité intellectuelle d’intégrer de nouvelles compétences rapidement. Objectivement on ne sait rien faire en sortant de l’IEP, c’est notre plus grande faiblesse, mais on sait apprendre rapidement, synthétiser de manière globale chaque problème tout en tentant de le résoudre. Pour moi les compétences techniques ne sont pas primordiales car chaque job a ses spécificités à intégrer. Notre valeur ajoutée, en sortant de l’IEP, réside dans la vitesse à intégrer ces nouvelles compétences et dans la force de proposition que l’on apporte.

Est-ce-que vous avez des conseils à donner pour décrocher un premier job ?

Il faut cibler ses envies de manière très précise. Et en fonction de ses choix, il faut savoir se bouger ! La formation reçue à l’IEP est excellente, tout dépend de ce qu’on en fait, et de la manière dont on développe son réseau.

Souvenirs, souvenirs

Comment s’est déroulée votre année de mobilité ?

J’ai fait un stage à Amnesty International Australie à Sydney au sein de la Refugee Team, l’aide aux demandeurs d’asiles. J’ai rédigé des rapports faisant état de la situation des droits de l’homme au sein des pays d’origine. J’ai participé à la formation des internes au système juridique australien concernant l’immigration. Du point de vue professionnel, c’était fantastique et d’un point de vue personnel c’était encore mieux. De superbes souvenirs qui m’ont encore plus donné envie de travailler à l’étranger.

Vos meilleurs souvenirs à l’IEP ?

Les fous rires avec mes amis en cours, et tout le reste en dehors de l’IEP ; je n’étais pas trop intégrée à la vie social iepienne mais ces années d’études ont été vraiment géniales.

Vos pires souvenirs ?

Je cherche mais en fait pas vraiment, on oublie, on garde le meilleur, ça suffit.

Les profs que vous n’avez pas oubliés ?

M. Weisbein, bien sûr, pour la qualité de son cours que j’ai eu en première année. C’était un vrai régal, je m’en souviens encore en détail. Mme Gauthier et son cours de droit constitutionnel. Son franc parler m’a tout de suite fait accrocher… M. Minda évidemment puisqu’il était mon directeur de mémoire. C’est lui qui m’a aiguillée tout au long du parcours et qui m’a conseillé pour mon stage de fin d’études.

Et si c’était à refaire ?

Je ferais tout pareil, j’aurais juste aimé une formation en marketing pure et dure…et peut être poursuivre une langue rare, ce qui me fait défaut aujourd’hui, mais on ne peut pas tout faire…

Mélanie Tournadre