Les régionales en Midi-Pyrénées

Quel bilan pour Martin Malvy ?

« On ne peut que saluer le travail accompli par l’équipe de Martin Malvy ». L’éloge n’est pas d’un militant socialiste mais d’Arnaud Laffont, tête de liste du Modem dans la région lors d’un débat à l’IEP de Toulouse le 27 janvier dernier. Président de la région Midi-Pyrénées depuis douze ans, Martin Malvy brigue un troisième mandat. Augmentation des impôts, gestion notariale, budget excessif consacré à la communication…les critiques pleuvent à droite comme à gauche. Pourtant, les sondages continuent de pronostiquer une victoire facile pour le candidat socialiste…

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« Je ne veux pas dresser mon bilan. Je veux évoquer une politique construite, largement approuvée, et que nous voulons continuer à mener, en allant plus loin encore. ». Les propos de Martin Malvy étaient clairs à Souillac le 17 février dernier. Son bilan, ses adversaires comptent bien cependant le dresser pour tenter de détrôner celui que les sondages donnent largement gagnant au soir du 21 mars.

Augmentation des impôts et frais de communication faramineux ?

Les attaques les plus virulentes viennent sans surprises de l’UMP et de sa tête de liste Brigitte Barèges. Dès novembre 2009, le parti accusait Martin Malvy d’avoir augmenté les impôts de 30% depuis 2004 dans « Le livre noir des Régions socialistes ». Au siège de campagne de Martin Malvy, on rétorque que la fiscalité régionale ne représente que 5% des impôts locaux et préfère mettre en avant l’action de la présidence socialiste pendant douze ans notamment en matière d’éducation. « Nous avons fait un effort considérable en matière de lycées notamment. Nous en avons construit 9. Sur la décennie qui nous a précédé, un seul avait été construit […] Nous avons mis en place la gratuité des livres, des équipements dans l’enseignement professionnel. Aujourd’hui 118 000 jeunes reçoivent l’aide de la Région pour la gratuité scolaire » estimait ainsi Martin Malvy lors d’un débat sur France 3 Midi-Pyrénées le 21 février.

Pour Brigitte Barèges, la Région a également gaspillé beaucoup trop d’argent en communication au détriment d’une véritable politique en faveur de l’emploi. « Le livre noir des Régions socialistes » dénonce ainsi «  le poids du « socialisme hôtelier » qui consiste à transformer l’Hôtel de Région en lieu permanent de réceptions, colloques et autres assises ». Le magazine Midi-Pyrénées, financé par la région, est accusé de servir de tribune au candidat Malvy pour défendre son bilan. Pour Brigitte Barèges, ces dépenses se font au détriment d’une véritable politique en faveur de l’emploi et de l’activité économique : « Seulement 3% du budget de la région va au soutien économique des entreprises, moins de 2% à la recherche et à l’agriculture. ». Malvy rétorque que la Région a signé des contrats avec plus de 600 entreprises, avec comme condition à l’aide économique une clause de non-délocalisation.

Les transports, pomme de discorde avec les écologistes

Coté critiques, la gauche n’est pas en reste même si le ton adopté est largement plus modéré en vue d’un rapprochement au soir du premier tour. Pour Gérard Onesta, tête de liste Europe Ecologie, « le président Malvy a fait des choses pour cette région, ce serait ridicule de le nier mais si le bilan n’est pas tout noir, il n’est pas tout blanc non plus ». Chez les écologistes, on reproche le manque d’ambition pour relever les crises à venir, notamment celle du post pétrole.

La ligne à grande vitesse (LGV) divise écologistes et socialistes. Si Gérard Onesta se montre favorable à sa mise en place, il estime qu’elle ne doit pas se faire au détriment d’un réel investissement sur les TER. L’ancien vice-président du Parlement européen estime également que la LGV doit être entièrement financée par l’Etat. Il menace s’il est élu de remettre en cause la participation du conseil régional « si rien ne devait profiter au développement des TER ou du fret régional ». Des critiques qui ne semblent pas ébranler Martin Malvy, dont tous les sondages prédisent une large victoire au soir du 21 mars….

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Brice Gravelle