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Les projets de la municipalité pour 2010

Quand l’eau assèche les liquidités des ménages

Publié le : 29 mars 2010

Lors des dernières élections municipales de 2008, la gestion de l’eau fut dans de nombreuses communes un sujet de discorde entre les candidats. Certains privilégiant une gestion municipale pendant que d’autres préféraient recourir aux mécanismes du marché par la délégation de ce service à l’une des trois sociétés habilitées à gérer ce domaine (Véolia, Suez et la Saur). A Toulouse, la baisse du prix de l’eau constituait également une promesse de l’équipe de Pierre Cohen lors des précédentes échéances électorales.

De nombreuses associations de riverains ont pointé du doigt dans plusieurs villes la sur-tarification effectuée par ces sociétés. La structure « Eau Secours 31 » a multiplié les procédures au tribunal administratif depuis 2001 pour « illégalité de la tarification de l’eau ». Selon eux, cet abus se chiffrerait à hauteur de 30% de la facturation de la part de cet opérateur en charge de la gestion de l’eau depuis 1990.

Jean Touly, ancien syndicaliste chez Véolia (ex CGE, Vivendi) et président de ACME (Association pour un contrat mondial de l’eau) a fait circuler une pétition « Halte à la sur-facturation et au gaspillage de l’eau » pour une reprise en main publique de la gestion de cette ressource. Un rapport de l’UFC Que Choisir pointait du doigt que ces sociétés s’octroyaient une marge comprise entre 40 et 61% du prix de l’eau facturée.

Suivre l’exemple de Muret
Depuis le 1er janvier 2009, les Muretains ont vu leur tarification fondre de 15%, en renégociant le contrat les liant avec Véolia jusqu’en 2012. La commune de Cugnaux avait déjà créé un précédent en 1996 en rompant son contrat avec l’ancienne Compagnie Générale d’Electricité (nouvellement Véolia) pour un retour en régie municipale avec, à la clef, une chute tarifaire de 18%.

A l’occasion de ses vœux à la presse fin janvier et au terme d’un audit débuté début 2009 et comportant près de 1200 pages, Pierre Cohen a affirmé qu’un avenant portant sur une baisse de 25% du prix du mètre cube d’eau avait été conclu avec Véolia en échange d’un non-retour sous régie municipale avant 2015. L’économie annuel par ménage se chiffrerait aux alentours des 50 euros. Une bonne nouvelle pour les foyers modestes devant s’acquitter de l’augmentation de 9.7% des tarifs du gaz du consortium EDG-Suez au 1er avril prochain.

Sur les cinq dernières années, la consommation journalière toulousaine moyenne est passée de 260 à 160 litres. Cela est-il la résultante d’une prise de conscience citoyenne de la problématique écologique ou à l’autorégulation du fait de la cherté de l’eau ? Un retour sous régie municipale devra-t-il impacter la totalité de la baisse tarifaire sur les usagers au risque d’assister à une augmentation du gaspillage d’une ressource condamnée à devenir rare ?

Kévin Wauthier