Les Primaires citoyennes vues d’un bureau de vote toulousain
Publié le : 13 octobre 2011Salle des Commissions au Capitole. Les gens se bousculent et les visages se succèdent au rythme des « a voté » de l’assesseur. Il est 15 heures en ce dimanche ensoleillé, et la mairie accueille le premier tour de la primaire socialiste à l’élection présidentielle.
Les mines sont radieuses, aussi bien du côté des votants que des bénévoles. Tous semblent heureux de pouvoir participer à ce nouveau rendez-vous démocratique. L’organisation est rodée. Des bénévoles accueillent les citoyens et répondent à toutes leurs questions. Et des questions, il y en a. Entre ceux qui se demandent s’ils sont au bon endroit pour voter et ceux qui veulent savoir à quelle heure seront publiés les premiers résultats, les organisateurs ne chôment pas. « L’ambiance est bon enfant, nous sommes ravis, mais c’est beaucoup de travail. On a l’impression qu’il y a plus de gens que pour une élection classique », déclare Elisabeth, avocate et bénévole.
"Un succès pas si surprenant"
Tout se déroule normalement. Les assesseurs ne décollent pas le nez de leurs listes, alors que les urnes se remplissent. On fait la queue aux isoloirs dans une ambiance chaleureuse, et certains suent à grosses gouttes. Pas de doute, cet événement est un succès. Un succès pas si étonnant pour Sébastien, étudiant en psychologie et militant PS : « Quand on donne aux gens le droit de s’exprimer, ils le font parce qu’ils ont des choses à dire, surtout en ce moment. À travers ce type d’élection, les gens obligent les politiques à prendre leurs points de vue en compte. »
Ce vote est en effet un engagement qui a du sens. Le discours des votants est unanime à la sortie des urnes. « C’est important parce que je crois profondément aux valeurs de gauche, et qu’il faut choisir le bon candidat pour battre Nicolas Sarkozy en 2012 », déclare Alice, étudiante parisienne revenue de Paris exprès pour voter. Les citoyens déposent leurs bulletins avec le sentiment d’assister pour certains « à un moment historique de la démocratie ».
Quelques couacs
Alors que le site internet de la primaire était en rade pour cause de surfréquentation, un article de La Dépêche a apparemment laissé entendre que tout le monde pouvait voter au Capitole, occasionnant une certaine grogne de la part des citoyens qui se sont trompés de bureau.
Effet de mode ou événement amené à se reproduire, cet élan de démocratie participative connaît un succès national, avec 2,5 millions de votants et atteignant un taux de participation de 20% dans certains bureaux parisiens. Le prochain tour doit se dérouler dimanche prochain et désignera définitivement le candidat du PS pour la présidentielle de 2012.


