Précarité : les études à quel prix ?
Précarité étudiante : une rentrée pleine de promesses
Publié le : 12 octobre 2009La Commission Hirsch de la Jeunesse se réunissait à nouveau le 6 octobre, afin de plancher à nouveau sur le « Livre vert », contenant déjà une cinquantaine de propositions. Le RSA pour les jeunes, mesure annoncée le 29 septembre par le chef de l’Etat, en est directement inspiré. Il ne concernera pourtant que 160 000 jeunes de moins de 25 ans qui ont travaillé deux ans dans les trois dernières années. Une mesure qui écarte donc les étudiants et la majorité des jeunes diplômés.
De nombreuses rumeurs à propos de la précarité étudiante
L’Observatoire national de la Vie Etudiante affirmait en 2006 qu’un étudiant sur deux travaillait pendant ses études. Cependant, seuls deux sur dix exerçaient une activité qui pénalisait leur cursus. Selon Louis Gruel, sociologue de la vie étudiante, ceux-ci étaient « fréquemment des étudiants ayant perdu leur bourse ou des étudiants de classe moyenne modeste à qui une bourse avait été refusée ». Le sociologue refuse de dramatiser la situation. Selon lui, il existe bel et bien des étudiants en situation de pauvreté (20 000 selon les chiffres de l’OVE en 2006), mais il refuse de parler d’étudiants étant « sous le seuil de pauvreté », « ce qui n’a guère de sens » à ses yeux.
Des revenus qui diminuent drastiquement
La crise économique et boursière arrivée depuis, a pourtant conduit nombre de parents au chômage. En conséquence, les étudiants voient parfois diminuer les aides financières familiales, alors même que celles-ci constituent un tiers de leurs ressources. En ce qui concerne les bourses sur critères sociaux, le versement d’un dixième mois annoncé en septembre par Nicolas Sarkozy, est une bonne nouvelle pour ceux qui n’en ont pas été exclus.
Des solutions pour adoucir le travail étudiant
En ce qui concerne l’échec universitaire, la limitation de l’extension du RSA a le mérite de ne pas trop inciter les jeunes à travailler pendant leurs études. Plusieurs mesures récentes avaient néanmoins pour objectif de faciliter le travail étudiant. En janvier 2008, un contrat étudiant a été mis en place afin de permettre aux universités d’embaucher des étudiants rémunérés au SMIC, afin d’accomplir un certain nombre de tâches sur le campus. Le contrat, de droit public, prévoit explicitement que les étudiants ne peuvent pas travailler au-delà d’un mi-temps. En outre, les horaires sont aménagés en fonctions des périodes de révisions et d’examens. Par ailleurs, le revenu du travail étudiant étant défiscalisé, il n’empêche pas un accès à une bourse sur critères sociaux.
Jeunes diplômés et toujours étudiants
Selon une étude de l’Apec, seuls 68% des jeunes diplômés sortis du système éducatif en 2008 occupaient un poste en avril 2009. La conjoncture économique a incité nombre d’entre eux à se réinscrire à l’université, en attendant une période plus propice. Pratique qui leur permet notamment d’obtenir des conventions de stage. Le premier ministre François Fillon s’est exprimé à ce propos le 18 septembre, contre ces pratiques devenues courantes : « Le moment est venu de mettre fin aux stages hors-cursus parce qu’un stage est fait pour associer la pratique à l’étude, parce qu’un stage est fait pour déboucher sur un emploi, pas pour se substituer à un emploi ».


