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Portrait d’artiste : DC Gecko vs. Mister Decaux

Publié le : 16 novembre 2010

Depuis 2003, DC Gecko explore l’espace toulousain d’une manière très personnelle et affiche illégalement son talent sur… des abribus.

Ni bombes de peinture dépassant de ses poches, ni traces de marqueurs sur les doigts, juste un grand sourire aux lèvres. Difficile de pousser la description plus avant : DC Gecko (prononcez Docteur, en référence à son titre universitaire) ne souhaite pas que l’on expose son identité ou son parcours : « Quand on fait des interventions dans la rue, on n’aime pas afficher qui l’on est. Je préfère me présenter à travers ce que je fais. D’autant plus que ce que je fais est interdit ! », s’amuse-t-il.

Les principales cibles de cet artiste toulousain, originaire de l’Ile de la Réunion, sont plus précisément les affiches qui ornent les abribus : lorsque qu’il intervient dans les rues de la ville rose, les pubs géantes qui défilent indifféremment sous nos yeux en journée prennent une allure cauchemardesque la nuit. Toutefois, DC Gecko n’est pas un casseur de pubs : « Je critique les messages que véhiculent les publicités, tout ce rêve qu’elles vendent, mais je ne les détruis pas. Je les pirate pour montrer l’envers du décor », précise-t-il.

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Sa plus belle trouvaille ? Une astuce pour contrecarrer le caractère fatalement éphémère d’une œuvre illicite : «  Les employés de chez Decaux  [1] ne travaillent qu’en journée alors j’ai cherché un moyen pour que les modifications que j’effectue ne soient visibles que la nuit et qu’ainsi mes affiches restent en place le plus longtemps possible ».

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Avec les années, le jeune homme a pris de l’assurance et dérobe désormais les publicités en quelques secondes, en plein jour. « Je ne les replace pas forcément au même endroit. Je cherche des lieux fréquentés où mes affiches vont interpeller les gens. Mais mon processus prend du temps, je ne peux pas inonder la ville ». Depuis ses débuts, DC Gecko a piraté une vingtaine d’abribus à Toulouse avant d’aller détourner les publicités de nos voisins espagnols à Madrid et Barcelone.

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« S’approprier l’espace, ne serait-ce que quelques heures »

A Toulouse, l’art urbain illicite ne vit pas ses plus beaux jours. Au début des années 2000, la municipalité a entrepris d’effacer tous les graffitis présents sur les murs du centre ville. « Tout un patrimoine a disparu », regrette DC Gecko. Mais pas de défaitisme forcené chez l’artiste. « Cette politique pousse à inventer de nouvelles formes d’expression et à renouveler la réflexion sur l’intervention en ville », affirme-t-il.

Quelque soit le support, DC Gecko préfère s’afficher sans se montrer. Toutefois, si vous voulez savoir qui se cache sous ce pseudonyme, il vous faudra arpenter les rues de Toulouse à la tombée du jour, lorsque DC Gecko l’emporte sur Mister Decaux.

Laure Dupau

[1] JC Decaux : société spécialisée dans la publicité urbaine.