Paul-Sabatier expose son patrimoine artistique
Publié le : 2 novembre 2010Vous ne le savez pas, mais le banc sur lequel vous êtes assis est peut-être une œuvre d’art.
C’est là tout le paradoxe. Depuis 1951, les facultés comme toutes les constructions publiques doivent consacrer au moins 1 % de leur budget de construction à la création d’œuvres d’art contemporain. Mais une fois achevées, il est parfois difficile de les reconnaître au milieu du campus. Ce constat, le service culturel de Paul-Sabatier l’a déjà fait. Depuis deux ans, il s’est lancé dans une vaste campagne de valorisation de son patrimoine, une initiative unique dans les facs toulousaines.

- L’artiste grec Philolaos a intégré un amphithéâtre dans son Fil d’Ariane
Sur le campus de Rangueil, il y a deux types d’œuvres d’art. Avec ses tonnes de béton et d’acier et sa surface de plus de 200 m 2, Le Fil d’Ariane fait partie de celle qu’on voit en un clin d’oeil. Pour les autres il faut de la persévérance pour espérer les apercevoir, au détour d’un couloir ou dans un bureau d’ordinaire interdit d’accès aux étudiants. Pourtant, c’est la totalité de ces œuvres – il y en a une trentaine au total – disséminées sur tout le campus que le service culturel de l’université Paul-Sabatier a décidé de mettre dans la lumière. « L’objectif est de montrer à tout le monde, que ce sont bien des œuvres d’art », explique Véronique Prévost, directrice du service.
Du point de vue pratique, avec son équipe, elle a affiché une série de « cartels », comprendre panneaux d’indication, pour présenter ces œuvres. Les étudiants peuvent désormais lire que la tapisserie qui jouxte leur amphi de dentaire est l’œuvre de Thomas Gleb, qu’elle ne porte pas de titre et qu’elle a été commandée par la faculté en 1951. La mesure est simplissime, mais malheureusement unique sur les campus de la ville rose.
Visite virtuelle
Afficher, référencer, mais aussi en faire profiter le plus largement possible, c’est la mission que se sont donnés les membres de ce service. Durant la Semaine de l’étudiant, il était possible de visiter une sélection de ce patrimoine, mais pour montrer ces œuvres à un public encore plus large, c’est internet qui leur sert désormais d’outil. En plus de se rendre sur le campus, il est possible de profiter de chez soi d’une visite virtuelle. « Une bonne partie des mosaïques et tapisseries ne sont pas visibles pour les étudiants, la seule façon de les observer c’est au travers de la visite virtuelle », commente Véronique Prévost.
Chef-d’œuvre en péril

- La fontaine de Pierre Lèbe transformée en rond-point est recouverte par la végétation.
Sauf qu’à y regarder de plus près, on se rend compte que ce patrimoine est en péril. Car si certaines œuvres ont bien résisté à l’impact du temps, le Kiosque d’Henri Guérin a perdu une bonne partie de ses vitraux. Et comme lui, de nombreuses œuvres du 1 % sont en piteux état. D’autres, comme La Fontaine imaginée par Pierre Lèbe et transformée depuis en rond-point, sont tout simplement en voie de disparition.
Or la loi sur le 1 % est claire : l’entretien des œuvres est à la charge du propriétaire et c’est toute la difficulté pour les facultés toulousaines qui n’ont pas les moyens de préserver les œuvres qu’elles abritent. Pour la directrice du service culture, ce coup de projecteur est aussi un moyen de sauver ce patrimoine. « L’idée c’est de montrer l’état de certaines œuvres, d’attirer l’attention sur elles et, peut-être, espérer qu’un généreux donateur nous donne une belle enveloppe ».
Pour en savoir plus : http://www.ups-tlse.fr/18309461/0/fiche___pagelibre/&RH=rubviecult09
Photos : Lisa Melia
QR Codes : le lien entre art et science
Sur chaque panneau le service culture a fait installer un QR code. Un code barre nouvelle génération, qui une fois décodé avec un smartphone renvoievers une page web donnant plus d’informations sur l’oeuvre, l’artiste et sa conception. « Rien d’exceptionnel, nuance Véronique Prévost, cela fait vingt ans que ça existe au Japon. »


