Pas si facile de donner son sang
Publié le : 16 décembre 2010Au sein des permanences ou lors des collectes organisées par l’établissement français du sang (EFS), de nombreux étudiants toulousains sont donneurs. Néanmoins, certains peuvent être découragés par les nombreuses possibilités de refus avant le don.
Aux permanences des allées Jean-Jaurès ou de Purpan, à l’occasion des collectes de l’EFS comme celle organisée à l’université Paul-Sabatier jusqu’au 3 décembre dernier, les possibilités de dons du sang ne manquent pas.
Derrière cette apparente simplicité, de nombreuses conditions doivent être remplies pour faire un don. Et ces conditions sont parfois jugées trop restrictives, voire parfois carrément discriminatoires. Ainsi, impossible de donner son sang en cas de soin dentaire récent, de séjour en Grande-Bretagne entre 1980 et 1996 ou si l’on est une femme de moins de 50 kilos. Plus surprenant encore, impossible de faire un don en cas d’homosexualité.
"Pas de discrimination"
Pour Anne-Ghislaine Anquetil , responsable de la communication de l’EFS pour la zone Pyrénées-Méditerranée, c’est la direction générale de la santé qui décide qui peut donner son sang et qui peut se voir refuser l’aval du médecin lors de l’entretien pré-don. " Nous ne faisons qu’appliquer les directives ", s’excuse-t-elle. " Tout comme les citoyens se doivent de respecter le code de la route, l’EFS a l’obligation de respecter les règles imposées par la direction générale de la santé ".
La direction générale de la santé se base sur des données statistiques. Ainsi, comme les homosexuels sont plus touchés par le VIH que d’autres populations, il ne leur est pas permis de faire un don. " Ce n’est pas de la discrimination " se défend Anne-Ghislaine Anquetil. " La meilleure preuve, c’est que les femmes homosexuelles peuvent donner leur sang. Plutôt que de parler de discrimination, il faut parler d’un simple principe de précaution ", ajoute-t-elle.
Des restrictions décourageantes ?
Cependant, de nombreuses personnes se sont déjà fait refouler au moment de donner leur sang pour des raisons qui peuvent parfois paraître curieuses. Ainsi, une étudiante n’a pas pu participer à une collecte parce qu’elle utilisait la pilule contraceptive... et le préservatif.
" Comme j’avais eu trois relations au cours des six derniers mois, bien que celles-ci aient été protégées, le médecin a considéré que je n’avais pas confiance en mes partenaires puisque j’utilisais en même temps pilule et préservatif. En gros, il m’a fait comprendre qu’il vaudrait mieux que j’aie un amant régulier ", raconte-t-elle.
Une question peut alors être soulevée. Pourquoi se montrer si restrictif alors que tous les échantillons de sang sont testés ? " Les plaquettes ont une durée de vie de cinq jours et les globules rouges ne vivent que 42 jours. On ne peut donc pas se permettre d’attendre trois ou quatre mois pour voir si du sang est infecté par le VIH, par exemple ", répond Anne-Ghislaine Anquetil.
Néanmoins, le nombre important de restrictions peut parfois briser l’élan de générosité des donneurs, alors même que l’EFS dit avoir de plus en plus besoin de dons. " Je peux tout à fait comprendre ce découragement , admet Anne-Ghislaine Anquetil, mais le principe de précaution doit être strictement respecté. On ne peut pas se montrer laxistes "


