Honduras : “Pas de risque majeur dans les autres pays de la région”
Salvador [1] est président de l’association France-Amérique Latine à Toulouse. Pour lui, le coup d’Etat du Honduras est clairement un retour en arrière pour la région.
Le coup d’Etat du Honduras ne remet-il pas en cause le processus de démocratisation de l’Amérique Latine ?
Salvador : C’est clairement un retour en arrière même si ce coup d’Etat est différent de ceux perpétrés par les militaires au Chili ou en Argentine par le passé. Ici, l’Assemblée législative et la Cour de Justice ont participé au renversement de Zelaya aux côtés de l’armée.
La situation de certains pays vous paraît-elle instable ? Peut-on s’attendre à de nouveaux coups d’Etat à l’avenir dans la région ?
La situation la plus problématique et la plus tendue est celle du Paraguay. La coalition du président Lugo est très fragile et certains membres de la coalition jouent la déstabilisation. Le Monde Diplomatique a un article là dessus dans son édition du mois de mars. La situation est préoccupante.
Il n’existe donc a priori pas de risques pour d’autres pays d’Amérique Latine ? Non, je ne pense pas qu’il y ait de risque de coup d’Etat dans les autres pays de la région. Même si, par exemple, la situation en Argentine n’est pas très stable, que le Parlement sort de son cadre en cherchant à déstabiliser la présidente, un coup d’Etat à proprement parler est très peu probable. C’est pareil en Bolivie ou au Venezuela. Les situations sont tendues mais la démocratie n’est pas menacée.
Que pensez-vous de l’élection de José Mujica, ex-guérillero, à la présidence de l’Uruguay ?
C’est un pragmatique, il va continuer sur le modèle néo-libéral de son prédécesseur. De plus, l’Uruguay a une histoire stable, il n’y a donc pas de risque d’instabilité politique dans le pays.
[1] Il ne souhaite pas que son nom soit publié.


