Pas d’école buissonnière pour la violence

Après les quatre incidents qui se sont déroulés dans le Val-de-Marne depuis le début de l’année, la question de la violence à l’école s’impose à nouveau comme une préoccupation majeure du gouvernement. Luc Chatel, le ministre de l’Education nationale a annoncé la tenue d’Etats généraux sur la sécurité à l’école en avril.

90 % des Français estiment que la violence à l’école a augmenté au cours des dix dernières années selon un sondage de l’institut Harris publié le mercredi 17 février par RTL. Pourtant, les dernières statistiques montrent une baisse des incidents graves en milieu scolaire pour l’année 2008-2009 avec 10,5 cas graves pour 1000 élèves contre 11,6 cas pour l’année précédente.

Alors pourquoi ce retour au premier plan médiatique et politique d’un problème qui fait épisodiquement les gros titres des médias depuis quinze ans ? La mobilisation sans précédent des enseignants du lycée Adolphe-Chérioux à Vitry-sur-Seine, qui avaient fait jouer leur droit de retrait après l’agression à coup de couteau d’un élève de 14 ans, n’y est certainement pas étrangère. Ces enseignants avaient refusé de reprendre le travail pendant deux semaines, protestant contre le manque de moyens et recevant le soutien des syndicats dans l’académie de Créteil.

Un sujet sensible

Mais on peut trouver une explication plus politique au retour dans l’actualité de ce thème. La proximité des élections régionales rend en effet le sujet sensible. Une aubaine pour le gouvernement qui s’est empressé, par la voix de Luc Chatel, de multiplier les annonces sur ce thème sécuritaire cher à l’électorat de droite. Après avoir prôné « la tolérance zéro », le ministre a annoncé la tenue « d’Etats généraux sur la sécurité à l’école » en avril. De nombreuses initiatives ont déjà été menées sans succès probant : éducation civique, introduction de la police, création de statuts spécifiques « établissements sensibles ».

Récemment, l’émergence de nouvelles formes de sécurité applicable à l’école comme le développement de la vidéo surveillance, voire des bornes biométriques, sont autant d’innovations qui ne sont pas sans poser des questions éthiques et dont on peut espérer qu’elles seront étudiés avec précaution lors de ces Etats généraux.

christophe perron