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PS : sorry, good game

Publié le : 17 octobre 2011

Dans une fédération majoritairement aubryste, la déception liée à la désignation de François Hollande comme candidat du PS à la présidentielle a rapidement fait place à la remobilisation. Reportage au siège du Parti socialiste de Haute-Garonne, pour ce que Martine Aubry a appelé « la troisième mi-temps ».

« Elle avait raison, Martine ! Comme au rugby : on s’est mis des beignes pendant quelques temps et maintenant, on partage le pot de l’amitié ». Le député aubryste Patrick Lamasle fait contre mauvaise fortune bon cœur, son gobelet de Gaillac à la main. C’est vrai que l’ambiance n’est pas très morose à la salle Jean-Jaurès de Toulouse, en ce dimanche soir qui scelle la victoire de François Hollande et le retour de Martine Aubry aux affaires internes du Parti. Plutôt que de s’appesantir sur les querelles qui ont – un peu – plombé les dernières semaines de la campagne, les différents sympathisants, militants et notables préfèrent aller à l’essentiel. « Les Français ont largement participé à ce cérémonial démocratique », se réjouit, avec une once de tremblement dans la voix , un militant aux tempes grisonnantes. Plus de 2,7 millions de personnes se sont déplacées dans les bureaux de vote pour le second tour de la primaire citoyenne. « Pour un coup d’essai, c’est un vrai succès. Grâce à cet engouement, François Hollande est sur une vraie dynamique », se réjouit Raphaël, militant des MJS et supporter de l’ancien secrétaire.

« Ne nous trompons pas d’ennemi »

Avec un écart qui va de 10 à 15 points selon les estimations, les risques de division sont clairement écartés. Cela, les aubrystes de Haute-Garonne en sont pleinement conscients. « Ce n’est pas avec un score pareil qu’on va râler », fait savoir Catherine Lemorton, autre députée aubryste. La primaire, qui ne réunissait pas tous les suffrages il y a encore quelques mois, est un succès populaire, qui a d’ailleurs mis un « beau bazar à droite », rigole Raphaël. Un projet politique mis en avant, un intérêt indéniable : on cherche incontestablement à balayer les dissensions sous le tapis, et Toulouse ne fait pas exception. Oubliés le traumatisme de 2007 et la quasi sécession entre le staff de campagne de Ségolène Royal et l’appareil du PS, nés des jalousies suscitées par la désignation de la dame du Poitou comme championne du camp socialiste. Aujourd’hui, l’heure est à l’union. « Nous ne devons pas nous tromper d’ennemi », prévient Catherine Lemorton. L’unité au centre

La Fédération PS 31 héberge une cohue de tous les diables, si bien que les présidents de bureau de vote doivent faire la queue dans la rue pour transmettre les résultats, et que le président de Région Martin Malvy est presque obligé de se coller aux murs pour répondre aux questions de France 3. Malgré le brouhaha, l’atmosphère y est inhabituellement sereine. Les militants ont même applaudi bruyamment François Hollande lors de son allocution. Ce dernier maintenant candidat, le PS se trouve recentré. «  C’est un boulevard qui nous est offert », se félicite un militant du Front de Gauche présent sur place. Pas de quoi inquiéter les camarades socialistes, du moins ce soir. La sérénité est un sentiment si fugace...

Antoine Rondel