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« Ni pape, ni juge, c’est aux femmes de décider ! »

Publié le : 23 novembre 2010

À l’appel du "Mouvement pour le planning familial" et de différentes associations et organisations d’extrême gauche, environ 300 manifestants se sont réunis ce samedi 20 novembre à Toulouse pour protester contre la tenue d’une prière “contre l’avortement”.

Sos Tout-Petit”, c’est un mouvement catholique conservateur qui se bat dans plusieurs villes de France contre la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse.

L’IVG dans la loi française
La loi sur l’interruption volontaire de grossesse a été légalisée par la loi Veil du 17 janvier 1975. Cette loi, complétée par celle du 31 décembre 1979, libéralise l’avortement en France et fixe les conditions dans lesquelles peuvent se pratiquer les interruptions de grossesse. Elle autorise toute femme désireuse d’une IVG de la pratiquer avant la fin de la 10ème semaine de grossesse au moment de l’interruption.

La loi du 4 juillet 2001 permet un allongement du délai de l’IVG à la fin de la douzième semaine de grossesse et rend la consultation sociale préalable facultative pour les majeures. Pour les mineures non émancipées, le principe du consentement du titulaire de l’autorité parentale ou du représentant légal est aménagé. Si elle en fait la demande et persiste dans le refus qu’ils soient consultés, la mineure peut se faire accompagner par une autre personne majeure de son choix.

L’avortement ne peut être réalisé que par un médecin, dans un établissement d’hospitalisation public ou privé. Un médecin peut refuser de pratiquer une IVG. Il doit alors informer, immédiatement, l’intéressée de son refus et lui communiquer en même temps le nom de praticiens réalisant l’IVG.

Une provocation pour les féministes

L’organisation ne manque ainsi pas de rappeler sur son site Internet les positions du pape Benoit XVI mais aussi de son prédécesseur Jean Paul II, lequel avait qualifié l’avortement provoqué de «  meurtre délibéré et direct, quelle que soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance ».

Ce samedi 20 novembre, “SOS Tout-Petit” avait appelé à des prières dans plusieurs villes de France pour protester contre l’interruption volontaire de grossesse. Une initiative perçue comme une véritable provocation par les organisations féministes et différents mouvements de gauche qui s’étaient donnés rendez-vous pour des contre-rassemblements.

Devant la cathédrale toulousaine Saint-Étienne, une trentaine d’ anti-IVG encerclées par les CRS ont ainsi prié face à environ 300 militants venus rappeler que “l’avortement est une liberté et un choix”. Pour Céline, étudiante en licence au Mirail, “ce contre-rassemblement est une réponse à la provocation de ces catholiques conservateurs. Mais c’est aussi pour nous l’occasion de rappeler qu’aujourd’hui en France, les centres pratiquant l’IVG sont menacés par les restrictions budgétaires du gouvernement”. Même son de cloche pour l’association “Osez le féminisme”, qui considère que“comme tant d’autres acquis sociaux, le droit à l’avortement est une victime collatérale de l’obsession du gouvernement de faire des économies à tout prix.”.

Après un peu plus d’une heure de prière, les anti-IVG ont quitté la place sous les huées des manifestants et la protection des CRS. Des rassemblements de même nature se sont également tenus à Bordeaux et Grenoble.

Brice Gravelle