Ne soyez pas pirate, soyez libre
Publié le : 15 mars 2010Mozilla, Open Office, VLC media player : tout le monde connaît ces noms. Mais ce qu’on sait moins, c’est que tout le monde a le droit de modifier librement la composition de ces logiciels et d’apporter des améliorations au code source, puis de les redistribuer gratuitement.
Ça s’appelle le logiciel libre, ou Open Source, et ça a de plus en plus de succès, comme en témoigne la participation aux ateliers organisés par l’association Toulibre au centre culturel Bellegarde.
Toulibre est une association toulousaine dont le but est la promotion et l’aide à l’utilisation de logiciels non soumis au copyright. Plusieurs fois par mois, elle organise des rencontres entre des spécialistes et des utilisateurs souhaitant se familiariser avec les outils informatiques et les idéaux du libre. Car le logiciel libre est plus qu’un type de propriété intellectuelle : c’est avant tout une philosophie.
D’après la légende, Richard Stallman aurait fondé ce courant informatique suite à un problème de compatibilité de son imprimante. Il aurait alors décidé d’encoder lui même le pilote de la machine pour le faire fonctionner, et aurait transmis ses découvertes à ses proches, les enjoignant à l’imiter. Depuis, le concept a fait du chemin, au point que certains auteurs l’appliquent à leurs créations artistiques, musicales ou littéraires.
Contrairement aux logiciels « propriétaires », l’Open Source autorise l’utilisateur non seulement à acquérir et redistribuer gratuitement le logiciel, mais aussi à étudier son fonctionnement et à l’améliorer. C’est ce qui le différencie du logiciel gratuit (freeware ou gratuiciel), non modifiable par l’utilisateur.
Pour les responsables de Toulibre, le logiciel libre n’a que des avantages. Tout d’abord, il est gratuit, argument de poids lorsqu’on sait que certains logiciels peuvent coûter plus de 500€. Et il existe parfois plusieurs alternatives à un même logiciel « propriétaire ». Selon Olivier Saraja, responsable d’une formation à l’animation 3D avec Blender, « cela permet à chacun de choisir un logiciel adapté à sa courbe d’apprentissage ». Comme la plupart des logiciels sont fabriqués par des utilisateurs, ils sont en général plus intuitifs que les logiciels payants : « beaucoup de seniors qui n’ont aucune base en informatique viennent directement au libre, et s’adaptent facilement à l’environnement de travail de Linux ».
Convaincre les utilisateurs
Moins cher, plus simple d’utilisation, mais aussi moins sensible aux virus : pourquoi le logiciel libre ne soulève-t-il pas les foules ? Pour Kevin Ottens, qui participe à un projet d’interface graphique pour les plateformes Linux et Unix, il y a plusieurs raisons. « L’inertie est très forte, il faut faire le pas lorsque Windows est installé dès l’achat d’une machine. Les grosses marques ont un pouvoir de lobbying très fort sur les consommateurs, par la vente liée de systèmes d’exploitation, et au travers d’offres agressives pour les étudiants ». L’idée que les logiciels libres sont difficiles à installer et incompatibles avec de nombreux programmes est également très répandue. « Il s’agit en général de rumeurs de seconde main qui datent des années 1990. Aujourd’hui, le libre est aussi performant qu’un logiciel traditionnel ».
Pour ceux qui souhaiteraient franchir le pas du libre, Toulibre organise régulièrement des « install party » : les utilisateurs viennent avec leur ordinateur personnel, et les membres de l’association les aident à installer et utiliser les logiciels et systèmes désirés. A l’heure de la répression de masse du téléchargement illégal, une alternative se présente : ne soyez plus pirate, soyez libre.
Pour plus d’information sur les activités de l’association Toulibre à Toulouse : http://www.toulibre.org/




