Martin Malvy voit la vie en rose

Avec 67,77 % des suffrages exprimés la liste de gauche s’impose largement aux régionales en Midi-pyrénées. Retour sur les enjeux et les tenants de cette victoire.

PS-Europe écologie : une alliance de raison
Cette fois-ci ils ont fait route ensemble. Après le cavalier seul de Martin Malvy en 2004 qui n’avait inclus aucun écologiste au Conseil régional de Midi- Pyrénées, après la polémique entre Stéphane Coppey, le président Vert de Tisseo et le maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen, les négociations s’annonçaient tendues entre les listes de Martin Malvy et de Gérard Onesta. Pourtant le lendemain du scrutin, c’était l’entente cordiale et affichée entre les camps vert et rose. A croire que les directives à l’échelon national ont eu raison des querelles locales. Peut-être aussi pour Martin Malvy un moyen de marquer son mandat sous le signe de l’ouverture en vue d’une unique candidature de la gauche en 2012. En tout cas, la stratégie s’avère payante. Martin Malvy devient le président de région le mieux élu de France, faisant ainsi grimper sa cote de popularité jusqu’à la rue de Solférino où s’afficher à ses côtés devient tendance. Midi-Pyrénées confirme son ancrage historique à gauche. Les huit départements (y compris l’Aveyron, traditionnellement à droite) ont plébiscité le président sortant pour un troisième mandat consécutif.

Le « naufrage » de Brigitte Barèges
Brigitte Barèges n’avait jamais perdu une élection. C’est maintenant chose faite et avec la manière, puisque la liste UMP n’a recueilli que 32,23 % des suffrages. A peine plus que l’addition des voix de droite du premier tour. La maire de Montauban, qui avait dit ne pas vouloir siéger en cas de défaite a changé d’avis. Surprise, elle a même annoncé sa démission de son mandat de députée pour se consacrer à la conduite de l’opposition régionale. La droite locale ressort en tout cas très amoindrie de ce scrutin. Sans véritable leader, les tensions internes naissent et semblent appelées à perdurer. Brigitte Barèges paie plus encore que les autres têtes de liste UMP la nationalisation des enjeux du scrutin. Sa stratégie de campagne basée sur des attaques personnelles contre Martin Malvy combinée aux divisions au sein de son camp l’a aussi desservie.

Le FN fait grise mine
Avec un score de 9,44 % la liste FN de Frédéric Cabrolier est la grande perdante de ces régionales. Un score en baisse de presque 3 points par rapport à 2004 et nettement en dessous des moyennes nationales du parti de Jean-Marie Le Pen. On notera tout de même le maintien à 12,89 % du FN à Villemur-sur-Tarn. Il faut dire qu’il trouve là un terreau favorable à ses thèmes de prédilection : une zone en crise touchée par la désindustrialisation et ou l’épisode Molex n’a pas arrangé les choses. Aux politiques de regagner le terrain pour trouver des solutions concrètes à la demande sociale.

christophe perron