Magali Vives : "Les ressources humaines souffrent à tort d’une mauvaise image"
Vers quel métier s’orienter après Sciences po ? Pourquoi pas les ressources humaines ! Cette semaine, « Univers-Cités » a rencontré Magali Vives, diplomée de l’IEP en 2005 et aujourd’hui consultante en ressources humaines chez BPI Leroy Consultants.
Univers-cités : Quel parcours scolaire avez-vous suivi ?
Magali Vives : Après mon bac littéraire, je suis entrée directement à l’IEP de Toulouse, sans un plan de carrière précis en tête. Je faisais alors partie de cette petite minorité d’entrants post-bac ! L’IEP avait l’avantage de ne pas fermer des portes tout en étant un bon tremplin. A la fin de ma quatrième année, j’avais deux pistes : m’orienter vers les relations internationales ou vers les ressources humaines. J’ai finalement choisi de suivre un master en ressources humaines à l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Toulouse, spécialité conseil. Après plusieurs expériences dans des domaines variés, j’ai décroché une mission en intérim chez BPI Leroy Consultants, où je travaille toujours.
En quoi consiste votre travail ?
BPI, c’est un cabinet de conseil en ressources humaines. Son cœur d’activité est l’accompagnement de salariés suite à des licenciements. Je travaille sur deux postes : je chapeaute la partie relations entreprises, qui consiste à nouer des partenariats avec les entreprises du bassin et je suis aussi consultante en accompagnement. J’accompagne personnellement des personnes en recherche d’emploi, en réalisant des bilans de compétence, en les aidant à gérer leur recherche d’emploi au quotidien…
Pourquoi avez-vous choisi les ressources humaines ?
J’avais envie de travailler sur la matière humaine, de m’investir dans le parcours des gens et de les conseiller. Le domaine des ressources humaines est très large et souffre souvent d’une mauvaise image. Les gens pensent tout de suite à ceux qui licencient, ne sont pas en contact avec les salariés ou qui ne gèrent que de l’administratif. Avec le cabinet d’accompagnement, je partage beaucoup de choses avec les personnes, je les conseille pour trouver un nouvel emploi qui leur corresponde vraiment et j’essaye de leur redonner confiance en eux après un licenciement. C’est très valorisant.
La formation reçue à l’IEP vous est-elle utile dans votre métier ?
Oui, clairement. Ne serait-ce qu’en termes de stimulation intellectuelle, on y apprend à toujours peser le pour et le contre, être toujours dans le débat, dans l’amélioration continue… A l’IAE, pour avoir pu comparer, les cours étaient plus légers. Mais l’IEP ne dispensait alors aucun cours en ressources humaines, donc l’année passée à l’IAE a aussi été très enrichissante.
Avez-vous des conseils à donner pour décrocher un premier job ? [1]
Il faut absolument activer son réseau, apprendre à l’identifier et savoir le mobiliser intelligemment. Faire appel à des personnes qu’on connaît et continuer à tisser la toile. Le deuxième atout, c’est la mobilité. Elle peut tout changer sur un démarrage de carrière, en termes de rémunération et d’opportunité. Il faut aussi rassurer les employeurs et valoriser ses expériences professionnelles. Dans le monde de l’entreprise, l’aspect très généraliste de Sciences-po n’est pas toujours bien vu. Décrire ses stages et ses compétences, c’est vraiment décisif sur une lettre de motivation et pendant l’entretien. Il ne faut pas minimiser ce qu’on sait faire.
Souvenirs, souvenirs …
Comment s’est déroulée votre année de mobilité ?
J’ai d’abord fait un stage dans la rédaction locale de La Dépêche du Midi. Une expérience qui a été très riche, car dès le premier jour, on m’a donné les clés de la voiture en me disant : « Tu vas couvrir tel évènement, c’est pour demain ! ». Mais je me suis rendue compte que certains aspects du métier de journaliste ne me plaisaient pas. J’étais aussi intéressée par la communication, donc j’ai fait un second stage comme chargée de communication dans l’Agence de développement économique et culturel Nord Sud de Toulouse, qui réalise des études sur les différents pays du bassin méditerranéen. C’était une année très intéressante.
Un de vos meilleurs souvenirs à l’IEP ?
On devait jouer une pièce de théâtre, avec une très bonne copine, pour le cours d’espagnol de deuxième année. La pièce s’appelait « La mujer de silicona » et l’héroïne se dégonflait complètement à la fin. Cela a a été un des mes plus gros fous rires. Je n’ai que des bons souvenirs des cours de langue.
Un de vos pires souvenirs ?
Un cours de droit administratif, où le prof nous parlait du petit a) du grand B du chapitre I de la partie II, une catastrophe…
Les profs que vous n’avez pas oubliés ?
Jean de Quissac, bien sûr, un sacré personnage, qui n’a jamais laissé personne indifférent… Et puis Olivier Philippe et ses petits proverbes chinois qu’il nous lisait à chaque début de cours. Inoubliable…
Et si c’était à refaire ?
Bien sûr, je referais l’IEP. Je n’en ai jamais douté et à perpétuité même. Quand je suis entrée dans le monde du travail, j’ai tellement regretté de ne plus pouvoir m’asseoir tous les jours à l’IEP pour apprendre des choses différentes du quotidien. Il n’y a rien de mieux que la vie étudiante. Tu t’assois, tu reçois et t’échanges. Profitez-en !
[1] Magali Vives sera l’une des intervenants du séminaire d’insertion professionnelle, prévu le 15 octobre, ouvert à tous les étudiants de l’IEP de Toulouse.


