Les transports tendances chez les étudiants

La gratuité des transports, tant attendue par les jeunes, n’a pas vu le jour. La municipalité toulousaine reconnaît avoir manqué à sa promesse. « Pour des raisons financières nous n’avons pas pu mettre en place la gratuité pour les étudiants », a précisé Pierre Cohen, député-maire de Toulouse, vendredi dernier sur Europe 1. La mairie a en effet déploré un endettement du système de transport plus important qu’elle ne le prévoyait.

L’abonnement bus-métro à 10 euros

Au micro de Jean-Pierre Elkabbach, Pierre Cohen s’est néanmoins félicité d’avoir mis en place un abonnement mensuel illimité bus-métro à 10 euros pour les moins de 26 ans. Cette mesure représente six millions d’euros de manque à gagner, pour le syndicat mixte des transports en commun (SMTC), que la mairie doit donc compenser.

Le projet n’est pas vraiment exclu pour l’avenir mais un arbitrage sera nécessaire. « Si des financements se dégagent il faudra choisir entre la gratuité ou la mise en place de services supplémentaires comme de nouvelles lignes de bus, un service de nuit et le tramway » précise Bernard Marquié, adjoint au maire chargé de la mobilité et des déplacements.

Audrey, étudiante toulousaine, approuve cette baisse du prix des transports : « C’est moins cher, c’est mieux qu’avant », mais elle regrette que la gratuité n’ai pas été mise en place comme à Aubagne, sa ville d’origine.

Modes de transport les plus courants : métro et marche à pied

Selon la dernière enquête de l’observatoire de la vie étudiante (OVE), parue en 2008, la distance moyenne entre le domicile et la faculté est de huit kilomètres pour les étudiants de l’Université Toulouse 1. Ils se déplacent majoritairement à pied et en métro pour une durée de transport d’environ 23 minutes. Même s’il reste minoritaire, le vélo a de plus en plus de succès, notamment grâce à la mise en place des Velô Toulouse, il y a tout juste deux ans. « J’aime bien ce système, ça incite à prendre le vélo », selon Jérémy, adhérent depuis l’année dernière. Au total, ce sont plus de 8 000 personnes qui utilisent chaque jour ce service.

Nouveau : des voitures en libre service

Sur le modèle des Vêlo Toulouse, le conseil municipal a lancé, cette année, un label d’autopartage, dont la société Mobilib’, située à Saint-Michel, est la première à bénéficier. Depuis mars dernier, il est donc possible d’emprunter une voiture pour des trajets urbains et péri-urbains. A l’aide d’une carte à puce, l’utilisateur récupère la clef dans la voiture et ramène celle-ci plus tard sur une de six stations existantes. Cette nouvelle option devrait séduire les étudiants qui disposent rarement d’une voiture personnelle et ont parfois besoin de faire des trajets de courte durée en dehors de la ville. Il faut compter pour les étudiants 20 euros d’inscription, un forfait de 5 euros par mois, 2 euros de l’heure et 35 centimes du kilomètre. Cela reste, malgré tout, une somme assez conséquente pour les jeunes.

Le covoiturage a la cote

Pour les trajets les plus longs, un mode alternatif de transport se développe. Moins cher et plus flexible que le train, le covoiturage semble avoir trouvé sa place auprès des jeunes. Pour Dorian, conducteur inscrit sur un site depuis 2005, le constat est clair : « Le covoiturage me permet et permet à d’autres personnes de faire le voyage à moindre coût, et la route est bien plus sympathique lorsqu’on est plusieurs dans la voiture ». Pour Marie, qui n’a pas pu encore pu passer son permis, le covoiturage lui fait surtout gagner du temps : « Au lieu de passer sept heures dans le train, je rentre chez moi, à Clermont-Ferrand, en moins de quatre heures. C’est vraiment efficace, surtout quand on fait souvent le trajet, et c’est aussi plus écolo. »

Le tramway est attendu

Pour améliorer leur mobilité, les étudiants toulousains misent également sur le nouveau tramway. La ligne E, qui sera la première, reliera Toulouse à Beauzelle, via Blagnac. Elle devrait être en service en décembre 2010.

Agnès Gontier, Mélanie Tournadre