Les points de la discorde
Publié le : 13 octobre 2010La réforme des retraites est la mesure phare du mandat de Nicolas Sarkozy. De son succès va en grande partie dépendre le bilan du gouvernement actuel. D’où la véhémence des partis d’opposition et des syndicats pour obtenir le retrait du projet. Malgré quelques aménagements consentis par le ministre du Travail Eric Woerth, la quasi-totalité de la loi est encore contestée.
Le report de l’âge légal à 62 ans
Mesure phare du projet de loi, on voit mal comment le gouvernement pourrait faire machine arrière, ce serait un aveu d’échec. D’autant que la mesure a été adoptée par les sénateurs lors du vote du 8 octobre. Seul un retrait du projet de loi dans son ensemble permettrait d’annuler le report de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Les syndicats, qui dénoncent une régression sociale, comptent sur la pression de la rue pour y parvenir. Le Parti socialiste demande que la possibilité de partir à 60 ans soit maintenue.
Le relèvement de la retraite à taux plein à 67 ans
Un des points pour lequel le consensus sera le plus difficile à trouver. Car même au sein de la majorité, certains députés militent pour un maintien à 65 ans, notamment pour les personnes dont l’activité salariale a été incomplète (beaucoup de femmes sont dans cette situation et le Sénat a voté un amendement maintenant une retraite à taux plein à 65 ans pour les mères de 3 enfants nées entre 1951 et 1955 ).
La question de la pénibilité
La réforme prévoit le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans pour les personnes ayant effectué un travail pénible. C’est sur la définition de la pénibilité qu’Éric Woerth et les syndicats sont en désaccords. D’après cette mesure, seuls les salariés justifiant d’une incapacité physique supérieure à 10 % seront concernés. Les syndicats avaient déjà obtenu la baisse du taux d’incapacité de 20 à 10 %, lors de la réunion intersyndicale du 7 septembre.
L’emploi des seniors
Face à la contradiction entre l’allongement de la durée de la cotisation et le taux de chômage élevé des seniors, le gouvernement propose de mettre en place un système de tutorat assorti d’un aide à l’embauche pour un an. Le Parti Socialiste serait plus favorable à un système de bonus/malus sur les entreprises qui emploient beaucoup ou peu de seniors.
Les nouvelles sources de financement
Alors que le gouvernement a consenti à une hausse de 1 % de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu, les partis de gauche et les syndicats réclament toujours la suppression du bouclier fiscal, considérée comme une offrande faite aux classes les plus aisées. Le Parti socialiste propose aussi des prélèvements sur le capital (bonus, stocks-options, plus-values) ainsi qu’un taxe sur les bénéfices des banques qui permettrait d’alimenter le fond de réserve des retraites.


