Les forçats du métro
C’est pendant la nuit que ces hommes venus d’Afrique de l’Ouest rénovent les quais de métro de la capitale. Lorsqu’ils étalent du goudron bouillant sur les quais avec des gants de jardinage, les brûlures sont monnaie courante. Mais pas de sécurité sociale ni de code du travail pour ces « forçats du métro ». Leurs vidéos, publiées sur des sites d’information comme « France24 » ou « Le Monde.fr » l’été dernier ont fait grand bruit sur Internet.
Prétextant envoyer « au bled » des photos, les sans-papiers ont introduit un téléphone portable sur le chantier et ont réalisé plusieurs vidéos. On les voit charrier des blocs de gravats pesant entre 30 et 80 kg, parfois 60 mètres plus haut. Mais Asten, une agence d’intérim sous-traitante de la RATP, qui emploie ces travailleurs, affirme que la charge n’excèderait pas plus de 20 kg par trajet. La RATP a quant à elle déclaré dans un communiqué « qu’à sa connaissance, aucun salarié travaillant sur ses sites n’était en situation irrégulière ».
Mody travaille huit heures d’affilée à la réfection de stations de métro. Dans les entrailles du métro parisien, il casse l’asphalte des quais de métro et remonte les morceaux, sur la tête ou sur les épaules, jusqu’à la surface. Il est payé 80 euros par la société Asten. Arrivé de Mauritanie en 2003, il est sans-papiers et travaille sous un nom d’emprunt. « Lorsque la RATP veut faire des contrôles, Asten arrive aussi tôt et leur explique que tout est en règle », nous explique Mody. Il a du mal à croire qu’Asten ne soit pas au courant qu’ils sont sans-papiers.
Mardi 13 octobre, alors qu’ils occupaient les locaux de la RATP dans le XVIIIe arrondissement, pour demander une régularisation, ces travailleurs ont été délogés par les CRS.

"Mauvaise foi"
Hervé Goix, délégué syndical CGT, spécialiste de la défense des travailleurs sans-papiers dénonce l’attitude de la RATP et d’Asten. Il est scandalisé. Pour lui, les sociétés d’intérim sous-traitantes de la Ratp sont « de mauvaise foi ». Asten « ne peut pas ignorer qu’elle emploie des sans-papiers ». Ils reproche aux grandes entreprises publiques comme la RATP de ne pas avoir de critères sociaux pour choisir les sociétés intérimaires. Hervé Goix le déplore, les conditions de travail des sans-papiers du métro sont hélas, les mêmes que celles de tous les sans-papiers en France.


