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La drogue : un faux sujet ?

Publié le : 14 octobre 2010

A une époque où les statistiques et résultats de sondages envahissent notre quotidien, il s’avère impossible de trouver des chiffres concernant la consommation de drogues chez les étudiants. Explications.

Les études sur les usages de drogues portent essentiellement sur les classes d’âge et sur les catégories socioprofessionnelles. Or les étudiants ne constituent pas une catégorie spécifique. « Ce qui nous intéresse c’est de savoir qui à 17 ans a déjà consommé du cannabis par exemple. Etre étudiant n’est pas une appartenance socioculturelle, ce n’est donc pas pris en compte dans les études », explique Guillaume Sudérie, responsable du pôle observation au centre Graphiti-CDRR [1] de La Grave.

Ne nous y trompons pas : les étudiants toulousains consomment de la drogue. Mais comment appréhender les différences d’usages de produits stupéfiants dans les différentes universités ? Selon M. Sudérie, « il y a une logique de reproduction sociale des comportements et des représentations : ce n’est pas n’importe quel jeune qui devient étudiant, et surtout qui devient étudiant dans telle ou telle filière ».

Pour se faire une idée, il faut donc se prêter à un jeu de suppositions complexe à partir des caractéristiques socioculturelles des adolescents, consommateurs de drogues et futurs étudiants pour une partie d’entre eux.

« Le vrai problème chez les étudiants aujourd’hui, c’est l’alcool »
Deux phénomènes caractéristiques du début des années 2000 interpellent : la diminution de la consommation de cannabis (-44% d’usagers réguliers entre 2003 et 2008 [2]) et la forte augmentation des ivresses répétées, appelées binge drinking. « Alors qu’il y a une vingtaine d’années les jeunes se rebellaient contre le monde adulte avec le cannabis, ils le font aujourd’hui par une consommation abusive d’alcool », affirme Guillaume Sudérie. 30% des garçons de 17ans en Midi-Pyrénées déclarent avoir vécu au moins 3 épisodes de binge drinking au cours du mois précédent, contre 13% des filles du même âge.

Quant à la consommation d’autres stupéfiants dits « à la mode », telle que la cocaïne, elle est certes en augmentation mais reste marginale et ne concerne finalement qu’un petit volume de la population. En revanche le Poppers fait figure d’exception puisque 13% des adolescents de Midi-Pyrénées indiquent en avoir déjà consommé, contre 4% pour la cocaïne.

S’il n’existe pas d’études menées sur les usages de stupéfiants chez les étudiants, les données recueillies auprès des adolescents de Midi-Pyrénées laissent penser que la prévention de la consommation de drogues et d’alcool a toute sa place dans les universités toulousaines.

Laure Dupau

[1] Centre d’information régional sur les drogues et les dépendances.

[2] Source : rapport sur Les usages de produits psychoactifs des jeunes de Midi-Pyrénées, réalisé par le CIRDD et l’Observatoire régional de santé de Midi-Pyrénées.