Les bons et les mauvais calculs de l’évaluation
Avec Steve Jacob, professeur agrégé, chercheur au Département de science politique à l’Université de Laval (Québec, Canada), Laboratoire de recherche sur la performance et l’évaluation.
Et Gérard Pirlot, Professeur de Psychologie clinique, Toulouse II, Psychiatre, Psychanalyste membre de la Société Psychanalytique de Paris.
Evaluer… Le mot d’ordre est partout. Dans l’enseignement et la recherche, dans le domaine des risques sanitaires et environnementaux, au sein des entreprises et des politiques publiques. Contre-partie légitime de l’octroi de fonds publics, auxiliaire de la décision, l’évaluation a pour corollaire les notions de performance, d’efficience et de compétitivité, et pour cortège un train de procédures et de normes. La généralisation actuelle des pratiques d’évaluation est au coeur de vives protestations, où de nombreux effets pervers sont pointés : il s’agirait là d’un « système inquisitorial qui surplombe », selon le philosophe Yves-Charles Zarka, du « bras armé d’un système de contrôle social général », d’un signe de l’ « hégémonie du paradigme du marché », qui produisent une « dévaluation de l’individu, son asservissement à la norme », selon le psychiatre Roland Gori. Ou encore d’une « mise à l’épreuve de tout et de tous » qui réduit « l’ensemble de l’être à du calculable », pour la philosophe Avital Ronell, une « manie qui limite le monde et l’horizon de la créativité ».
Mais revenons au sens même des mots et à la genèse d’une notion : qu’est-ce qu’évaluer veut dire, tant à l’échelle d’une société qu’à celle de l’individu ? Qu’évalue-t-on exactement ? Quelles sont les impasses, les limites et les dérives auxquelles nos pays développés sont confrontés en la matière ? Qui évalue et selon quelles approches, quels critères ? Quelles seraient, enfin, les conditions d’une évaluation légitime aux yeux de tous, facteur d’évolution et de reconnaissance de l’individu comme de l’organisation ? En clair, une évaluation enfin « digne d’estime ».
Le mercredi 31 mars 2010 de 18h00 à 20h00
Salle du conseil de l’Institut d’Etudes Politiques


