La course au logement
A la poursuite des aides au logement
Publié le : 19 octobre 2010APL, ALS… derrière ces sigles barbares se cachent les aides au logement. Retour sur ces allocations très utiles pour les étudiants qui ont failli être supprimées cet été.
L’APL, perçue par 680 000 étudiants
L’Aide Personnalisée au Logement (APL) est l’une des mesures de la loi Barre-d’Ornano du 3 juillet 1977, qui a créé une série d’aides aux jeunes propriétaires et visait à faciliter l’accès au logement pour les personnes aux revenus modérés.
L’APL peut être attribuée aux propriétaires qui doivent rembourser certains types de prêts. Pour les locataires, il suffit que le bailleur ait passé une convention avec l’État. Tout le monde peut en bénéficier, que l’on soit marié ou célibataire, avec ou sans personne à charge, salarié ou non. Le montant est calculé en fonction des revenus du locataire et du montant du loyer. On peut faire une simulation sur le site de la caisse d’allocation familiale (CAF). Après, la démarche est assez simple : un papier à remplir par le locataire, un autre par le propriétaire, le tout à envoyer à la CAF en temps et en heure.
Si cette allocation n’est pas réservée aux étudiants, 680 000 en bénéficient. L’APL est souvent la seule aide perçue par les étudiants non boursiers issus des classes moyennes. Elle varie entre 150 et 250 euros pour un étudiant seul.
L’allocation au logement à caractère social (ALS), quant à elle, est versée aux étudiants dont les parents gagnent moins de 3000 euros par mois et aux étudiants indépendant fiscalement de leurs parents gagnant moins de 500 euros par mois.
Une solution originale existe pour les étudiants qui cherchent un logement à très faible coût : habiter chez une personne âgée. Tout part du constat que les étudiants cherchent un logement peu cher d’une part, et que de nombreuses personnes âgées vivent chez elles dans l’isolement d’autre part. Le principe est donc simple : pour un loyer modique, parfois même gratuitement, un jeune emménage chez une personne âgée et s’engage à passer un certain temps avec elle, voire à l’aide pour de menus travaux, comme faire les courses. Basé sur les services mutuels, le logement intergénérationnel gagne en popularité. "Cela marche très fort, bien au delà de nos espérances, résume Diane de Jenlis, de l’association Ensemble2Générations. Cela répond à un besoin économique, mais aussi à la volonté de recréer du lien intergénérationnel. Et à ce niveau là, c’est une réussite." Pour l’instant, la plupart des associations qui proposent de mettre en relation des jeunes et des personnes âgées sont concentrées en région parisienne. Mais devant le succès du logement intergénérationnel, le mouvement gagnera sûrement la province dans les années à venir, affirme Diane de Jenlis. L.M.
La polémique de cet été
Début juillet dernier, le ministre du budget, François Baroin, avait annoncé une série de mesures pour la préparation du budget de rigueur de 2011. Parmi celles-ci, l’obligation pour les étudiants de choisir entre les aides au logement ou la demi-part fiscale pour l’enfant à charge déduite des impôts de leurs parents. Or, 80% des étudiants sont actuellement rattachés au foyer fiscal de leurs parents. Selon l’Unef, près de 550 00 étudiants auraient pu être touchés par cette mesure. Pour Henri Jibrayel, député PS des Bouches-du-Rhône, le renoncement à la demi-part fiscale coûterait 2400 euros par an aux parents des étudiants.
Rappelons que les étudiants de moins de 20 ans doivent déjà choisir entre laisser leurs parents toucher la part d’allocations familiales versée pour l’enfant, ou l’APL, qui est souvent moins élevée.
Devant le tollé qu’il a provoqué tant chez les députés que chez les syndicats étudiants, de droite comme de gauche, le projet de loi a été finalement abandonné fin août.
A vos clics !
La plupart des démarches des allocataires de la CAF sont informatisées, il en est de même pour la demande d’APL. Si vous avez internet, rendez-vous sur le site de la CAF de la Haute-Garonne, pour faire vos simulations de bourses et vos demandes d’aides. C’est plus simple, plus rapide, et ça évite de faire la queue inutilement pendant des heures.



La colocation ? Tout un art de vivre