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Le nouveau régime d’assiduité de l’IEP fait débat

Publié le : 13 octobre 2011

Depuis la rentrée, l’administration de Sciences Po Toulouse a renforcé le contrôle des absences de ses étudiants. Cette nouvelle réglementation est mal comprise par l’ensemble des étudiants, qui la jugent souvent « trop sévère ». Retour sur le début d’un conflit qui pourrait rapidement s’apaiser si le directeur de l’établissement, Philippe Raimbault, assouplit ce régime d’assiduité, comme il l’a expliqué lors d’un entretien avec "Univers-Cités".

Voté au Conseil d’administration en juin, l’article 4 du nouveau règlement d’examen précise que « l’absence injustifiée est sanctionnée dans toutes les activités pédagogiques soumises au contrôle continu. L’étudiant/e se verra retirer un point sur sa moyenne par absence injustifiée. A partir de 3 absences injustifiées, l’étudiant sera convoqué à la Direction des études qui pourra le renvoyer directement en session 2 des examens ».

A l’origine de ce changement, le constat d’un manque d’assiduité de la part des étudiants et d’une incohérence dans l’ancien règlement des examens, comme le stipule Philippe Raimbault, directeur de l’IEP :

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Des absences justifiées, des étudiants pénalisés

Si les raisons de ce changement paraissent claires, les étudiants n’en restent pas moins déconcertés au moment de justifier leur absence. Ils sont plusieurs à avoir correspondu par mail avec le directeur des études, Jérôme Viguier, sans avoir réussi pour la plupart d’entre eux, à obtenir gain de cause. C’est le cas de Marie Francony, étudiante en 5ème année. « Il me semble qu’une absence pour assister à une audience disciplinaire dans le cadre de recherches pour un mémoire, est un motif légitime ». Appuyée par son directeur de mémoire et la juge de l’audience, l’étudiante a dû se contenter d’une réponse très lapidaire : « Le règlement des examens est le même pour tous ». Pour Marie, « L’administration a perdu tout discernement quant aux motifs des absences ».

Pour Marlène, même déception. « En septembre, j’ai accepté un contrat de travail au service des ressources humaines du Crédit Agricole. Ce n’était pas une partie de plaisir, il fallait bien que je finance mes études. J’ai tenté de le justifier auprès de l’administration mais c’était en vain. On m’a dit que je serai sanctionnée ». L’étudiante est agacée et ne comprend pas « pourquoi l’IEP, qui prétend favoriser l’insertion professionnelle, ne nous soutient pas quand on travaille. Je trouve ça inadmissible. Quand je loupe des cours, il n’y a que moi que ça sanctionne. J’ai 23 ans, je suis majeure, je paye mes études, tout ça pour qu’on m’enlève des points sur ma moyenne ».

Vers un assouplissement du règlement ?

Pour l’heure, des absences justifiées dans le cadre de mémoire ou de contrat de travail restent sans appel. Face à cette contradiction, le directeur reconnaît qu’ils ont « communiqué de manière un petit peu raide en début d’année » tout en précisant que « c’était une manière de bien faire passer cette nouvelle règle ». Aujourd’hui, son discours semble s’être assoupli. Bien conscient que ce régime d’assiduité est assez mal perçu par l’ensemble des étudiants, Philippe Raimbault parle de futures discussions autour de cette mesure. Il s’engage notamment à réaliser un travail de redéfinition sur l’absence justifiée au sein de la CEVE, face aux représentants des étudiants. Au-delà des promesses, le directeur apporte quelques nuances sur l’application de ce nouveau règlement, tout en rappelant « qu’il n’est pas possible de faire du cas par cas ».

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Une pétition rédigée en début de semaine circule dans les couloirs de l’IEP. « Pour l’instant on n’a pas de chiffres exacts quant au nombre de signatures. On essaye de la faire circuler au maximum sans hésiter à en parler ouvertement aux professeurs », précise Antoine Grand, un des étudiants à l’origine du mouvement. En principe, le document devrait être présenté au prochain Conseil d’administration dans l’espoir de « dialoguer de manière intelligente et constructive avec la direction ».

Caroline Piquet