Retrouvez tous les jeudis la nouvelle édition d’Univers-Cités, le webjournal des étudiants du parcours journalisme de Sciences Po Toulouse

Le monde merveilleux de la coolitude

Publié le : 16 novembre 2010

Si un jour l’occasion se présente pour vous de faire un stage dans une agence de communication, vous découvrirez peut-être le monde merveilleux de la coolitude. Pour être cool, certains salariés sont prêts à tout. Ne manger tous les jours à midi qu’une salade de mini-choux-fleurs dans le "shop" le plus cool de la rue la plus cool. Ou ne jamais avoir le permis et promener leurs enfants dans une carriole en les exposant à la pollution de la rue. Whatever.

Le mec le plus cool à l’agence, c’est le journaliste. M., tatoué, la soixantaine, est le mec le plus cool du monde car il écrit. Il rend ses papiers en retard, c’est pas cool de les finir à l’heure. T., la fille la plus cool de la terre, journaliste of course, écrit des éditos pleins de poésie, de néologismes et de fautes d’orthographe. La grammaire, c’est pas cool - inventer des mots, si. Quand son fils prêt à s’intoxiquer mange un feutre fluo, elle lui fait un clin d’oeil très cool qui l’immmunise et le protège. Quand il tombe et pleure, elle l’invite à recycler un papier dans la poubelle. Avec l’écologie, on oublie tout.

Le stagiaire qui a l’immensissime honneur de "travailler" au pays merveilleux de la coolitude, profite. Il fait ce qu’il veut. Ce n’est pas cool de donner des ordres. Mais gare à lui s’il fait un truc "pas cool", comme poser des questions sur les salaires des journalistes, ou lire. Enfin, il apprend peu. Car le mec cool est un peu largué des fois. Très occupé à montrer qu’il est cool, donc plutôt centré sur lui-même, pour lui tirer vers le haut son stagiaire est tout sauf prioritaire.

Cécile Paulet