Le handicap laissé au pied du mur
22 heures, au gymnase de Saint-Martin du Touch à côté de Toulouse. Au pied du plus grand mur d’escalade de la ville, un cours un petit peu particulier est donné. Marco, Stéphane et leurs coéquipiers de cordée sont handicapés mentaux. Une fois par mois, ces jeunes adultes se retrouvent pour grimper ensemble et oublier le temps d’une montée leur handicap.
Initiatrice du projet, Cécile Pandini est éducatrice spécialisée au foyer d’hébergement de l’association YMCA de Colomiers. Cette passionnée de grimpe a fait appel il y a deux ans à Eric Demay, grande figure de l’escalade française et président de l’association Rêves de Verticale, pour mener à bien ce défi. « Nous venons ici une fois par mois et c’est l’une de nos activités qui a le plus de succès », affirme la jeune femme.
Pendant l’escalade, le handicap reste au sol
L’escalade, sport en plein essor depuis une dizaine d’années en France, présente de nombreux atouts. Développant souplesse, dextérité et observation, un de ses éléments clé est la confiance en soi et en son partenaire. « Il faut parvenir à s’adapter aux différents niveaux de handicap mais les progrès sont vraiment observables », assure Cécile qui sourit en se rappelant les premiers cours.
Chez les apprentis grimpeurs, l’enthousiasme et le plaisir ont définitivement éclipsé la peur des débuts. « J’aime me dépasser à chaque montée et tout oublier quand je suis face à la paroi », déclare Stéphane qui vient ici pour la quatrième fois.
Pour l’entraîneur Eric Demay, « La plus grosse différence avec des élèves valides, c’est la sécurité. A chaque séance il faut répéter les instructions et être très vigilant ». L’ancien champion regrette que ses élèves ne viennent qu’une fois par mois, ce qui freine leur progression. Pourtant, d’après lui, les financements sont présents mais il y a un manque d’engagement de la part des professionnels. « J’entraîne aussi des aveugles et des handicapés physiques mais pour développer ces initiatives, il faudrait adapter les murs, un gros travail reste à faire ».
Et alors que les élèves enlèvent leur équipement et rejoignent les vestiaires, reste un sentiment partagé. Grimpeur valide ou handicapé, une fois en l’air, les différences semblent s’envoler.


