Le cinéma en 3D : une révolution ?

Publié le : 21 février 2010

Qu’ont en commun Hitchkock, Tim Burton, et le Futuroscope ? Une technique les rassemble : l’utilisation de la 3D stéréoscopique.
En ce début d’année, on nous promet que le cinéma en trois dimensions va révolutionner notre vie. Même nos salons n’y résisteront pas, avec la commercialisation massive d’écrans de télévision en relief. Mais au delà des effets d’annonce, peut-on vraiment affirmer que 2010 sera l’année de la 3D ? La 3D, ce n’est pas nouveau
La 3D semble être née à l’automne 2009, avec la sortie du film Avatar de James Cameron. Mais cette technique est bien plus ancienne : dès les débuts du cinéma, les réalisateurs ont cherché à faire sortir l’image de l’écran, sans toutefois y parvenir. Dans les années 1950, la 3D est très en vogue dans les salles de cinéma. Hitchkock est ainsi un des premiers réalisateurs à adopter cette technologie, avec Le Crime était presque parfait (Dial M for Murder, 1954). Plus récemment, on retrouve des films en relief dans les parcs d’attractions et les musées interactifs. Il s’agit en général de films plutôt courts et spectaculaires, sur le Big Bang ou la disparition des dinosaures par exemple.

Au cinéma Gaumont de Labège, les films en trois dimensions sont diffusés depuis l’été 2008, avec la sortie de Voyage au Centre de la Terre d’Eric Brevig. Les progrès du numérique ont alors permis à de nombreux cinémas d’équiper des salles pour les films en 3D stéréoscopie.

La 3D, ce n’est pas que pour les jeunes
La véritable révolution d’Avatar n’est donc pas l’utilisation de la technique stéréoscopique, mais d’avoir réussi à rassembler un public nombreux et varié, grâce des images techniquement réussies et esthétiquement soignées, un discours gentiment écologiste et une histoire d’amour et d’aventure plutôt consensuelle. Selon un responsable du Gaumont Labège, « même les personnes âgées sont conquises par le film. Elles ont besoin d’un petit temps d’adaptation, mais ensuite tout le monde est plongé dans l’histoire ». Avatar a donc réussi le pari d’attirer des spectateurs de toutes les générations, des plus jeunes aux moins habitués à ces nouvelles technologies.

La 3D, c’est plus cher
Malgré les améliorations de la technique 3D et la baisse des coûts de production, le prix du ticket reste plus cher que pour un film traditionnel. Il faut en moyenne rajouter 2€ pour profiter de la vision en relief, plus un euro pour l’achat des lunettes, réutilisables dans toutes les salles 3D équipées selon la même technologie. Les prix vont-ils baisser avec la vulgarisation de ce genre de films ? Pas si l’on en croit le responsable de Gaumont Labège, pour qui le succès commercial d’Avatar, malgré le prix plus élevé du ticket, montre que les gens sont disposés à payer un peu plus pour profiter de la 3D.

A Labège, en 2010, un nouveau film en trois dimensions devrait être diffusé tous les mois. Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton, Toy Story et Shrek 4 sont déjà au programme. Pour l’instant, seuls des films d’animation ou pour les enfants sont annoncés : la 3D est encore loin de toucher le cinéma dans son ensemble. Cela n’est d’ailleurs pas nécessairement sa vocation. Ce qui est sûr, c’est que les fournisseurs de matériel audiovisuel comptent sur cette technologie pour booster l’équipement des ménages en téléviseurs 3D, après des ventes record en 2009.

Nolwenn Quioc