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Le bénévolat, matière scolaire à part entière

Publié le : 13 octobre 2010

Le bénévolat, un acte désintéressé auquel le bénévole n’est pas tenu ? Pas toujours... Des établissements comme l’École Supérieure de Commerce de Toulouse ont en effet intégré le bénévolat dans leur programme scolaire.

A l’ESC, on parle ainsi aux élèves de première année des « 50 heures civiles » qu’ils devront accomplir pour passer en deuxième année. Le désintéressement du bénévolat obligatoire est alors très relatif. Malgré tout, Hervé Gasiglia, directeur de l’ESC, défend ce dispositif aux objectifs multiples.

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Hervé Gasiglia, directeur de l’ESC Toulouse

«  Il s’agit pour les étudiants d’être vraiment au contact des populations et pas de faire du mailing », explique-t-il. « En allant à la rencontre de milieux plus en difficulté, les jeunes apprennent à respecter les gens dont on parle moins  ». L’occasion également de découvrir «  la richesse produite par les associations, et qui ne s’inscrit pas dans un compte de résultats   ». Le choix de l’association est large, du soutien scolaire à la distribution alimentaire, en passant par l’accompagnement de personnes âgées ou même le scoutisme. «  Nous voulons simplement que nos jeunes s’investissent et découvrent d’autres réalités que la leur  », insiste Hervé Gasiglia.

Un véritable engagement

Les principaux intéressés sont souvent les premiers surpris par l’annonce du dispositif. C’est le cas d’Aurélien, pour qui ce type d’action «  permet de casser le cliché d’étudiants intéressés uniquement par les termes rentabilité, profit...  ». Quand on aborde le caractère obligatoire, Aurélien se montre pragmatique. «  C’est vrai que ça peut sembler gênant d’un point de vue moral, mais cela incite les étudiants à le faire sérieusement. J’avoue que sans cela, je ne suis pas sûr que je me serais investi dans une association de ce type cette année  », ajoute-t-il. Ses 50 heures, il les accomplira pour Les Petits Frères des Pauvres, une association qui accompagne des personnes de plus de 50 ans en difficulté. Avec eux, il s’engage donc à rencontrer une fois par semaine un adulte souffrant de pauvreté, d’exclusion ou de maladie.

«  Il ne s’agit pas d’un investissement a minima  », précise Yann Jourand, le directeur de l’association à Toulouse. «  Pour nous le bilan est très satisfaisant. Cela nous permet d’avoir une association ouverte sur l’extérieur. D’une certaine manière nous participons ainsi à former des citoyens  ». Si le bénévolat obligatoire reste un concept étonnant, la direction de l’ESC souligne «  qu’il ne s’agit pas d’un gadget ponctuel puisque 40 % des élèves continuent à s’investir dans leurs associations une fois le contrat terminé  ». En place depuis six ans à l’ESC et fort de son succès, le bénévolat obligatoire pourrait rapidement faire des émules sur les campus.

Céline Landreau